LE FIL

Agronomie

Mesurer l’activité biologique des sols grâce au test du slip

Mardi 02 octobre 2018 par Chantal Sarrazin

Le but du test du slip ? Apprécier l’activité biologique des sols.Le but du test du slip ? Apprécier l’activité biologique des sols. - crédit photo : Chambre d’agriculture du Var
La chambre d’agriculture du Var a enfoui des slips de coton dans des parcelles du réseau Dephy Fermes viticole. Une fois exhumés, leur état de dégradation permet d’apprécier l’activité biologique des sols. Résultats.

« Nous voulions marquer les esprits ! » lance Clémence Boutfol, conseillère viticole à la chambre d’agriculture du Var. En proposant à dix exploitations d’expérimenter le « test du slip ». Forcément, avec un nom pareil, ce test a interpellé les vignerons. Et la chambre d’agriculture n’a pas eu de mal à trouver des candidats pour le mettre en oeuvre. But de la manœuvre : apprécier l’activité biologique des sols. Le principe est des plus simples : on enterre des slips et on mesure leur état après plusieurs mois enfouis sous terre. Plus ils sont décomposés, plus les sols sont actifs, et vice-et-versa.

« Ces exploitations font partie du réseau Dephy depuis 2014, poursuit Clémence Boutfol. Elles ont fait évoluer leurs pratiques culturales vers le travail du sol, l’enherbement… dans le but de réduire les intrants. Nous avons donc jugé intéressant d’appréhender l’activité biologique des sols après ces changements. »

Une origine Alsacienne

Imaginé par un vigneron alsacien, le test du slip est peu coûteux, simple à mettre en œuvre et facile à interpréter. Autre intérêt, même si le slip se dégrade fortement après avoir séjourné dans le sol, son élastique reste intact. Ce qui ne serait pas le cas avec un tee-shirt en coton.

Pour leur expérimentation, les conseillers de la chambre d’agriculture ont utilisé des slips 100 % coton blanc. « S’ils sont en coton bio, c’est encore mieux », s’amuse Clémence Boutfol. Les vignerons ont été enterré ces sous-vêtements à 15 cm de profondeur dans l’interrang, entre mi-avril et mi-juin, cette année. Chaque parcelle de l’essai a reçu trois slips. « Nous les avons enfouis dans des parcelles cultivées suivant différentes modalités : bio, conventionnel, enherbées, non enherbées… » enchaîne la conseillère.

Des sachets de thé

Ils ont marqué d’un drapeau ou avec de la peinture les ensevelissements. Juste à côté des slips, ils ont enterré des sachets de thé vert Pyramide Lipton. « Il s’agit d’une autre méthode pour évaluer la capacité d’un sol à décomposer la matière organique, précise Clémence Boutfol. Nous avons calculé le taux de dégradation du contenu du sachet que nous avons comparé à celui du slip. » L’essai a également été couplé à des tests sur la structure de sol.

Une fois déterrés, les slips ont été classés en trois états : peu, moyennement et très dégradés. La couleur et les odeurs ont aussi été observées. Des ronds noirs correspondent ainsi à des tâches d’oxydation. Elles révèlent que trop d’eau stagnent dans les sols.

Les slips les plus dégradés ont été retrouvés dans les parcelles enherbées régulièrement de la matière organique sous forme de broyage de résidus de taille, de composts, d’amendement… Les sachets de thé les plus dégradés ont été retrouvés sur ces mêmes parcelles. Il y a cependant des exceptions à la règle.

Des slips ont été exhumés presqu’intacts dans des vignes enherbées et conduites en bio. La chambre d’agriculture a mis ce résultat en relation avec la structure du sol compact et argileux. « Ce test n’a pas vocation à se substituer aux analyses, souligne Clémence Boutfol. Mais, il donne une idée de l’état du sol à l’instant T. » Il va être reconduit dans les années à venir pour affiner les résultats.

 

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2018 - Tout droit réservé