LE FIL

Traumatisme

Dramatique épisode de grêle dans l’ouest audois

Jeudi 05 juillet 2018 par Michèle Trévoux

Des grêlons de 4 cm de diamètre, sans pluie, se sont abattus pendant une vingtaine de minutes sur le vignoble du Limouxin et de la Malepère où les dégâts sont considérables.Des grêlons de 4 cm de diamètre, sans pluie, se sont abattus pendant une vingtaine de minutes sur le vignoble du Limouxin et de la Malepère où les dégâts sont considérables. - crédit photo : Chambre d’agriculture de l’Aude
Un violent orage de grêle a fait de gros dégâts dans le vignoble de l’ouest audois, déjà lourdement frappé par les aléas climatiques au cours des cinq dernières années.

Nouveau coup dur pour les vignerons de l’ouest audois. Après avoir été durement touchés par le gel au printemps 2017, ils viennent d’être frappés par un terrible épisode de grêle. L’orage s’est déclaré en début de soirée le mardi 3 juillet. Des grêlons de 4 cm de diamètre, sans pluie, se sont abattus pendant une vingtaine de minutes sur le vignoble du Limouxin et de la Malepère où les dégâts sont considérables. Dans la quinzaine de communes les plus touchées (Alaigne, Routier, Bellegarde du Razès, Lauraguel …), les vignes sont atteintes de 70 à 100%. Un deuxième épisode de grêle a émergé une heure plus tard sur l’est du département. Le vignoble des Corbières orientales et des Corbières maritimes a été touché sur environ 3000 ha mais avec une intensité moindre (15 à 30%). Dans une première estimation, la Chambre d’Agriculture de l’Aude a recensé 6000 ha de vigne impactés à des degrés divers dans le département.

"On a perdu entre 100 000 et 150 000 hl "

A la cave du Razès à Routier, le président Gérard Guiraud est sous le choc. « Sur les 3000 ha de la coopérative, nous en avons 1000 qui sont dévastés à 100% et 1000 ha qui sont touchés entre 50 et 80%. Seuls 200 ha ont été épargnés. C’est un traumatisme économique, technique et psychologique. Nous avons des adhérents qui sont détruits », confie-t-il encore à chaud, tout juste 24 h après l’orage de grêle. Dans les secteurs les plus touchés, les vignes n’ont plus une feuille ni aucun bois vert. Tout a été détruit. « Ce n’est pas uniquement la récolte de cette année qui est anéantie, celle de l’année prochaine sera aussi amoindrie », se désole-t-il. Sur les cinq dernières années, les accidents climatiques se sont enchainés, amputant la récolte de la coopérative : en 2014 la grêle avait déjà privé la cave de 50 000 hl, le millésime 2015 avait également été affaibli par les conséquences de cette grêle et la sécheresse et l’an dernier, c’est le gel qui avait réduit de 40% le volume de production. 2016 a été la seule année où la coopérative avait pu rentrer une belle récolte de 260 000 hl. « Cette année, nous allons encore perdre entre 100 et 150 000 hl », estime le président.

Protéger les nouvelles pousses contre le mildiou

Les techniciens de la chambre rappellent qu’aucun traitement phytosanitaire n’est efficace pour la cicatrisation suite à la grêle. Ils recommandent néanmoins de bien protéger les nouvelles pousses sortantes après la grêle qui sont particulièrement sensibles au mildiou,  avec une application au cuivre (400 g/ha à 750 g/ha de cuivre métal, type Champ Flo Ampli de 1,1 l/ha à 2 l/ha pleine dose). L’utilisation d’azote après repousse des entre coeurs (fertirrigation ou foliaire) sera bénéfique à la croissance et favorisera une bonne mise en réserve.

Enfin les viticulteurs doivent déclarer le sinistre au plus vite à leur compagnies d’assurance.

 

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