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Val de Loire
Les futurs vins de Chambord pourront-ils porter leur nom ?

La multinationale Brown Forman, propriétaire de la liqueur « Chambord », s’oppose à ce que le domaine national de Chambord utilise son nom pour vendre des vins et d’autres boissons alcoolisées.
Par Ingrid Proust Le 28 juin 2018
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Les futurs vins de Chambord pourront-ils porter leur nom ?
Les vignes du château de Chambord ont été plantées en 2015. Elles donneront leurs premières cuvées officielles en 2020. - crédit photo : Ingrid Proust
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e domaine national de Chambord possède 14 hectares de vignes, plantées en 2015.Ces pinots noirs, romorantins et gamays donneront en 2020 leurs premières cuvées officielles, que le domaine compte commercialiser sous les marques « Domaine de Chambord », « Clos de Chambord » et Château de Chambord ». Toutefois, une multinationale américaine est venue entraver ses projets : Brown Forman, propriétaire du whisky Jack Daniel’s, mais aussi... de la « Chambord liqueur royale de France », produite tout près de Chambord, à Cour-Cheverny.

Désaccord

« Nous avons déposé nos marques dans la catégorie ‘vins et autres boissons alcoolisées’ et Brown-Forman nous a indiqué son entière opposition. Nous avons donc assigné le groupe devant le tribunal de grande instance de Paris », déclare Cécilie de Saint-Venant, directrice de la communication et de la marque du domaine national de Chambord.

« Cela serait acceptable pour nous que le Domaine national utilise ses marques pour ses vins, sous conditions de certaines limitations. Toutefois, il a aussi l’intention d’utiliser la marque Chambord dans le cadre de boissons alcoolisées autres que les vins. Ce qui est très préoccupant pour nous car nous pensons que cette utilisation violerait les droits de notre marque », explique Sandrine Chauveau, directrice de « Chambord liqueur royale de France ».

C’est voler notre être, nous priver de notre essence et c’est piller la France

« Au départ, les dirigeants de Brown-Forman et de la liqueur étaient totalement opposés à nos marques, y compris pour les vins, puis ils ont évolué dans leur discours », confie Cécilie de Saint-Venant.  Pour la direction du domaine national de Chambord, l’enjeu reste essentiel. « Brown-Forman, comme des dizaines d’autres entreprises dans le monde, utilise le nom de Chambord et son image sans payer de redevances », souligne-t-elle. « Nous prendre notre nom, c’est voler notre être, nous priver de notre essence et c’est piller la France. Chambord ne défend pas seulement ses intérêts dans cette affaire, pas seulement ceux de la filière viticole mais celui de tous les Français, c’est le combat de ce qui fait notre pays, celui de Cognac contre Brown-Forman déjà dans les années 1990 », lance Jean d’Haussonville, directeur général du domaine national de Chambord.

Brown-Forman aurait tenté à l’époque de déposer le nom de Cognac. « Nous avons un patrimoine immatériel exceptionnel, pourquoi laisser à d’autres le soin de l’exploiter, d’en tirer des revenus qui n’aideront pas nos territoires ? », poursuit Jean d’Haussonville. « Nous avons récemment signé un contrat de licence de marque avec les chocolats Cémoi qui ont accepté de verser des royalties pour leur utilisation du nom Chambord », annonce Cécilie de Saint-Venant.

Un accord similaire pourrait-il être conclu avec Brown-Forman ? « Nous préférerions résoudre cette affaire à l’amiable, avoue la directrice de « Chambord liqueur ». "Nous espérons être en mesure de le faire ».

 

 

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