LE FIL

Mildiou en Languedoc

« Là où il y a des cépages résistants, on dort sur nos deux oreilles ! »

Lundi 11 juin 2018 par Alexandre Abellan

« Aujourd’hui, même ceux qui ont blindé leurs traitements n’ont pas une parcelle sans dégâts » souligne Vincent Pugibet.
« Aujourd’hui, même ceux qui ont blindé leurs traitements n’ont pas une parcelle sans dégâts » souligne Vincent Pugibet. - crédit photo : Domaine La Colombette
C’est la question qui anime cette floraison : comment les nouvelles vignes résistantes aux maladies cryptogamiques réagissent-elles face à l’exceptionnelle pression du printemps 2018 ?

Face à l'actuelle agressivité du mildiou, « c’est le jour et la nuit entre un rang de sauvignon blanc et de cépages résistants ! » résume Vincent Pugibet, le copropriétaire du domaine de la Colombette (230 hectares de vignes, dont 30 de résistants, à Béziers). Fer de lance français de ces nouveaux cépages, le vigneron peut désormais témoigner de leur résistance dans un contexte particulièrement éprouvant.

« Les choses se confirment, on voit la bonne résistance de Cal 6-04, du souvignier gris ou du Monarch, qui résistent au mildiou sans le moindre traitement. En revanche, il y a des cépages qui passent au travers, comme le joanniter ou le cabernet blanc. Pour ces résistances moyennes, il faut traiter un minimum » rapporte Vincent Pugibet. Qui précise être « globalement très satisfait. Là où il y a des cépages résistants, on dort sur nos deux oreilles ! » Ayant enregistré 600 millimètres de précipitation depuis mars, le domaine de la Colombette en veut pour preuve des rangs non traités se faisant face : plus de grappe pour le sauvignon blanc, quelques tâches nécrosées pour le Cal 6-04 obtenu par Valentin Blattner.

"Pression catastrophique"

Vincent Pugibet précise que cette année, « la pression du mildiou est catastrophique, dingue, inimaginable ! C’est du jamais-vu sur le Biterrois… Aujourd’hui, même ceux qui ont blindé leurs traitements n’ont pas une parcelle sans dégâts. De nombreuses grappes sont atteintes, des parcelles commencent déjà à être vendangées par le mildiou… »

Mais même avec des cépages résistants, le vigneron n’est pas pleinement serein, craignant une forte coulure. « Ça va être compliqué avec cette humidité. Il pleut tous les jours… On verra en septembre les pertes de récolte entre les loupées de traitement et la coulure » conclut-il, le résistant s’en remettant au fatalisme.
 

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