LE FIL

Premier de cordée

Millésime 2018 sans CMR pour Mouton Cadet

Lundi 30 avril 2018 par Alexandre Abellan

Les objectifs sont ambitieux : plus de CMR en 2018, plus de perturbateurs endocriniens en 2020 et le moins de résidus phytos possibles en 2022.Les objectifs sont ambitieux : plus de CMR en 2018, plus de perturbateurs endocriniens en 2020 et le moins de résidus phytos possibles en 2022. - crédit photo : BPR
Épinglé par le passé pour les résidus phytos de sa cuvée star, la baronnie compte être à la proue des « vins sains ». En souhaitant tendre vers le zéro résidu, avec la révision des pratiques de ses apporteurs.

« Nous sommes conscients que notre démarche est exigeante pour vous, vignerons. Notre but n'est pas de mettre le vignoble par terre, mais de développer un modèle de viticulture rentable et durable » désamorce Philippe Degrendel, le directeur technique de la marque Mouton Cadet (Baron Philippe de Rothschild), ce 26 avril en clôture de l'assemblée générale de Tutiac*.
Il faut dire que le geste de la baronnie est fort : ses contrats 2018 demandant contractuellement à ses apporteurs de proscrire l’utilisation de produits classés Cancérigènes, Mutagènes et Reprotoxiques (CMR).

Pour mener à bien ce virage environnemental, BPR propose à l’ensemble de ses 450 apporteurs des soutiens techniques et financiers. Sans être précisée dans son montant, une prime « substantielle » doit aider autant qu'inciter à l’arrêt des CMR (elle devrait perdurer après la première année). Et pour les vignerons ne pouvant pas sauter le pas dès 2018, ils peuvent bénéficier d’un accompagnement s’ils s’engagent à une suppression des phytos CMR (leurs vins étant utilisés pour d’autres marques de BPR pendant la transition).

À suivre

Préparant déjà les étapes suivantes, BPR annonce également sa volonté de supprimer sous trois ans tous pesticides susceptibles de contenir des perturbateurs endocriniens. Et sous cinq ans, la baronnie se fixe l’objectif de tendre vers zéro traces de phytos. « C'est peut-être un vœu pieux, mais on veut aller vers l'élimination des molécules. C’est un objectif plus lointain, l’enjeu étant d’éliminer les molécules les plus traçantes. Quitte à envisager des techniques de captation pour filtrer les vins » pose Philippe Degrendel.

Estimant aller dans le sens de l’histoire, Mouton Cadet n’a pas opté pour le bio, optant sur une stratégie se voulant plus pragmatique : la réduction des intrants, pour disposer des vins les plus propres possible. Il faut dire que la baronnie avait été mise à l’index par des tests de résidus de l’UFC Que Choisir en 2013 et 2018. « Nous avons la volonté d'adapter Mouton Cadet aux attentes sociétales. Elles ont d’abord porté sur les résidus phytosanitaires dans les vins et le risque santé pour le consommateur. Désormais, l’attention s’est portée sur la santé des viticulteurs, l’exposition des riverains et l’impact sur l’environnement » conclut Philippe Degrendel.

 

* : La cave coopérative étant l'un des principaux fournisseurs de BPR.
 

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