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Entretien des sols
L'herbe rase concurrence moins les vignes

Des tontes rases et fréquentes limitent l'impact de l'enherbement permanent total sur la vigueur des vignes. Un mode de conduite envisageable lorsque les robots tondeurs seront au point.
Par Christelle Stef Le 10 avril 2018
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L'herbe rase concurrence moins les vignes
La parcelle d'essai est enherbée en totalité depuis 9 ans - crédit photo : IFV pôle Sud-Ouest
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eut-on limiter l’impact de l’enherbement total sur la vigne grâce à des tontes rases et fréquentes ?. Oui d’après les premiers résultats d’un essai de l’IFV Sud-Ouest. En 2017, l’institut a comparé plusieurs modalités de gestion de l’herbe sur une parcelle âgée d’une vingtaine d’années et enherbée en totalité depuis neuf ans :

-tontes rases (2 cm) une fois par semaine,

-tontes rases une fois par mois,

-tontes peu rases (5 à 10 cm) en fin de cycle de l’enherbement,

-tontes peu rases selon les possibilités d’intervention du viticulteur. Cette dernière modalité sert de témoin.

Pour tondre l’herbe, les expérimentateurs se sont servis d’une débrousailleuse thermique. Ils sont intervenus 13 fois dans la première modalité, 6 fois dans la deuxième et 4 dans les deux dernières.

Vigueur préservée

Résultat : les tontes rases préservent la vigueur des vignes. « La parcelle d’essai ayant gelé, nous n’avons pas pu peser les bois de tailles comme on le fait habituellement pour évaluer la vigueur. A la place, nous avons pesé les sarments », indique Christophe Gaviglio, ingénieur à l’IFV pôle Sud-Ouest qui a conduit l’essai.

Et ceux-ci sont plus gros dans les modalités tondues à ras : ils pèsent 50 à 55 g/m contre 30 à 40 g/m dans la tonte raisonnée selon le développement de l’herbe et dans le témoin. « L’augmentation de la fréquence des tontes tend à améliorer la vigueur », commente Christophe Gaviglio.

Plus d'azote assimilable

Elle améliore aussi la nutrition azotée. En effet, à la récolte les moûts renferment 107 mg/l d’azote assimilable dans le témoin, 105 mg/l dans la modalité raisonnée contre 128 mg/l dans la tonte rase hebdomadaire et 133 mg/l dans la tonte rase mensuelle. Autre amélioration : août, le sol était plus humide sous les tontes rases. « Il s’est rechargé plus rapidement et de façon plus importante lors des orages », précise l’ingénieur.

En raison du gel, les expérimentateurs n’ont pas mesuré le poids de récolte par modalité, seulement celui des baies. « On arrive à 310 g pour 200 baies dans le témoin contre 336 g/200 baies avec la tonte rase hebdomadaire. L’écart n’est pas significatif », indique Christophe Gaviglio qui va poursuivre l’essai cette année.

L’enherbement total entretenu par des tontes rases et fréquentes apparait comme une piste pour conduire des vignobles sans herbicides. Seul hic : l’explosion des temps de travaux. « Cet itinéraire ne sera envisageable qu’avec les robots tondeurs, lorsqu’ils seront au point », conclut Christophe Gaviglio.

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