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Entretien du sol
Enherbement total des vignes

Par CZ & MS, en partenariat avec le Vaucluse Agricole Le 27 octobre 2009
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Enherbement total des vignes
L
es tendances actuelles pratiquées chez les viticulteurs visent souvent à un enherbement naturel maîtrisé. Mais face à la pression sociale et citoyenne, sympbolisée par le Grenelle de l’environnement, l’Institut français de la vigne et du vin a lancé un programme visant à établir des stratégies d’entretien du sol sans herbicides. Explications.
Les tendances actuelles pratiquées chez les viticulteurs visent souvent à un enherbement naturel maîtrisé : cette technique consiste à laisser s’implanter la flore naturelle du sol et à la maîtriser par des désherbants foliaires ou par broyage, lorsque la végétation atteint environ 20 cm.
L’intérêt est de profiter des avantages de l’enherbement tout en permettant le développement d’un couvert végétal diversifié qui retient bien le sol et l’eau et limite les entraînements de nitrate en automne et en hiver.
Mais l’enherbement total (rang et inter-rang) de la vigne est à l’étude dans le Sud-Ouest de la France. L’Institut français de la vigne et du vin (IFV) s’est engagé dans un programme visant à mettre au point des stratégies d’entretien du sol sans herbicide. Ces stratégies doivent à la fois être respectueuses de l’environnement et économiquement viables. Une des pistes de travail envisagées est l’enherbement maîtrisé avec des espèces peu concurrentielles.

Dactyle Bacchus sur un vignoble de Cahors, en juin 2008.
Les enherbements à base de dactyle sont souvent jugés
comme assez concurrentiels. (© DR)
Enherbement semé (dactylis hispanica, festuca ovina, festuca rubra, koeleria macrantha…) et enherbement naturel sous le rang sont comparés sur les plans technique (effets sur la vigne, impacts quantitatif et qualitatif sur la production) et économique, aux désherbages chimique et mécanique du rang. Après deux ans de mise en œuvre, « nous notons un bon comportement des couverts végétaux semés en termes de contrôle de la flore adventice », explique Laure Gontier de l’IFV.
Intensité variable selon les couverts Sur les plans agronomique et œnologique, l’enherbement total induit des effets déjà observés lors d’expérimentations sur la mise en place d’un couvert végétal inter-rang : réduction du rendement et de la vigueur, réduction de la teneur en azote des moûts, augmentation du degré potentiel et de la teneur en polyphénols, l’intensité de ces impacts étant cependant très variable selon les sites expérimentaux (réserve hydrique, cépage) et les types de couverts végétaux testés.
Lors des essais, l’enherbement naturel s’est moins développé, mais on peut s’interroger sur son évolution dans le temps. La gamme d’espèces étudiées a été élargie depuis l’automne 2008, intégrant notamment des mélanges graminée/légumineuse. L’IFV s’intéresse également aux variétés « allélopathiques » (plantes synthétisant des molécules susceptibles de limiter le développement d´une flore adventice), aux variétés dormantes…
De nouvelles espèces sont par ailleurs à l’étude depuis 2009 : Trifolium repens, Trifolium subterraneum, Hordeum murinum (orge des rats) et Bromus Tectorum (brome des toits).
Réussite du semis Dans le cadre d’un programme d’expérimentations sur les alternatives au désherbage chimique, la Chambre d’Agriculture du Vaucluse a également mis en place depuis 2008 des essais d’enherbement sous le rang avec Hordeum murinum (orge des rats), Bromus Tectorum (brome des toits), Hieracium pilosella (piloselle), Trifolium repens (trèfle nain blanc). Certaines variétés de luzerne avait déjà été testées : elles se sont avérées peu concurrentielles vis-à-vis de la vigne mais la réussite du semis reste variable et donc incertaine.
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