LE FIL

Cépages interdits

Un film plaidoyer pour un patrimoine à ne plus oublier, et à mobiliser

Dimanche 11 mars 2018 par Alexandre Abellan

Soutenant le film, l’Association des Fruits Oubliés milite pour professionnalisation de la production de vins de cépages interdits (actuellement tolérée à titre amateur).Soutenant le film, l’Association des Fruits Oubliés milite pour professionnalisation de la production de vins de cépages interdits (actuellement tolérée à titre amateur). - crédit photo : Lumière du Jour
Bannis du vignoble français, les six hybrides américains n’ont pas dit leur dernier mot. En cours de finalisation, un documentaire languedocien part à la découverte des vignerons amateurs les sauvegardant, et militant pour leur déploiement.

« Je connais le Clinton depuis que je suis tout petit… J’ai toujours vu mon père dire à ces amis qu’il invitait : "attention, ce soir c’est vin interdit !" Il m’a fait récemment rencontrer le vigneron amateur Gilbert Bischery, qui a fait naître l’idée simple de montrer l’histoire de ce cépage dans les Cévennes » explique le réalisateur Stéphan Balay.

Mais dès les premiers entretiens de son film, il a rapidement perçu qu’il y avait un sujet dépassant de loin le folklore cévenol. Avec la maison de production Lumière du Jour, il a élargi l’angle de son documentaire, devenu Vitis Prohibitus : l’incroyable histoire des cépages interdits.

"Pas de nostalgie"

Une virée dans les vignobles amateurs, où des viticulteurs un brin rebelles maintiennent en production des ceps de Clinton, Concord, Herbemont, Isabelle, Jacquez, Noah et Othello. Les six Hybrides Producteurs Directs interdits depuis les années 1930 dans le vignoble français. « Ce n’est pas juste de la nostalgie du vin de grand-père, il y a une philosophie derrière pour travailler proprement la terre. C’est très bien de chercher de nouveaux cépages résistants aux maladies, mais il y a déjà des solutions qui existent » résume Stéphan Balay.

Le réalisateur précisant que les vins obtenus ne rendent pas fous et sont loin d’être mauvais. Même s’il reconnaît qu’« au départ, le Clinton je ne l’aimais pas. Je m’attendais à des Côtes-du-Rhône, mais quand j’ai compris que cela n’avait rien à voir, j’ai l’ai abordé autrement et c’est devenu intéressant. D’autres goûts sont possibles » explique Stéphan Balay.

Financement participatif

Ayant débuté lors des vendanges 2016 dans le Midi, le tournage du film s’est depuis aventuré en Autriche, en Italie et en Roumanie. Pour financer un reportage aux États-Unis, le berceau de ces six cépages, la maison de production a lancé une opération de crowdfunding (en cours jusqu’à fin mars). Prévoyant de monter son documentaire en avril, Stéphan Balay se donne pour objectif de sortir son film et réaliser de premières projections cet automne.
 

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