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Cash Investigation, l’occasion pour les bio de prendre à partie le CIVB
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Vignoble bordelais
Cash Investigation, l’occasion pour les bio de prendre à partie le CIVB

Mettant à profit le débat sur la réduction des phytos en Gironde, l’organisation Agrobio fait pression sur l’interprofession pour y faire son entrée et en obtenir le soutien opérationnel.
Par Alexandre Abellan Le 07 mars 2018
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Cash Investigation, l’occasion pour les bio de prendre à partie le CIVB
Habituée à plus de discrétion dans sa communication, Sylvie Dulong reconnaît privilégier « un mode relationnel constructif ». - crédit photo : Château Lavergne Dulong/DR
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 La Gironde est le premier département de France en tonnage pour les pesticides agréés en agriculture biologique. Ils représentent d’ailleurs plus de 35 % du tonnage total des pesticides utilisés à Bordeaux, en augmentation de 30 % par rapport à 2015 » pointait le Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux (CIVB) la semaine dernière, dans sa réaction à la diffusion du reportage Cash Impact. Cette déclaration de vertu n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd. « Les vignerons d'Agrobio Gironde notent que le CIVB vante les mérites et l'utilisation des produits utilisables en Agriculture Biologique. […] Pour un véritable virage historique, le CIVB doit encourager et aider au développement de la viticulture biologique » annonce un communiqué de l’organisation de producteurs (qui réunit 108 agriculteurs, dont 100 viticulteurs*).

Agissant plus discrètement par le passé, Agrobio Gironde a déjà rencontré le CIVB sur ce sujet. Qui « nous a déjà dit qu’il n’était pas dans ses missions et ses statuts de promouvoir l’agriculture biologique. Mais des statuts peuvent se changer, si on en a la volonté » estime Sylvie Dulong, la présidente d’Agrobio Gironde.

Demande d’appuis

Estimant que la réflexion Bordeaux Ambitions 2025 serait le véhicule idéal pour changer la donne, la vigneronne bordelaise demande pour la filière bio « un renforcement de la recherche et de l’expérimentation pour lever les impasses techniques (notamment sur la flavescence dorée), la mise en place d’indicateurs économiques sur les coûts de production et aménités socioenvironnementales, l’ouverture de la gouvernance du CIVB à des représentants et le fléchage de Cotisation Volontaire Obligatoire au financement d’actions spécifiques ».

Avec leurs revendications, les bio se joignent à la pluie de critiques des militants antiphytos et de la Confédération Paysanne qui visent le CIVB depuis la diffusion de l’émission Cash Investigation ce 27 février. Pourtant, l’interprofession girondine a souligné dans son communiqué que « Cash Impact aurait pu parler du travail des professionnels bordelais pour obtenir la ré-homologation du cuivre et de la bouillie bordelaise tellement indispensables à la viticulture bio et à la viticulture conventionnelle ».

Soutien massif

« Le CIVB a effectivement pris la défense de la réautorisation de la substance cuivre » reconnaît Sylvie Dulong. Également secrétaire nationale vigne pour la Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique, elle souligne avoir alerté l’interprofession bordelaise en ce sens. « La Commission Européenne doit rendre un avis en juin. Après le rapport de l’EFSA en janvier, il faut que les États Membres témoignent de leur soutien massif » explique-t-elle, convaincue que le bio est le levier le plus rapide pour réduire la consommation de phytos dans le vignoble.

 

* : Le vignoble bio en Gironde s'élevant à 560 exploitants, pour 8 000 hectares.

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