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Vins de Corse
L'IGP Rosé de Beauté revoit sa commercialisation à la baisse, pas ses ambitions

La petite récolte 2017 impose au vignoble corse de privilégier ses produits et marchés existants avant de développer cette nouvelle gamme. Ce qui n'empêche pas la feuille de route de rester audacieuse, notamment en matière d'environnement.
Par Alexandre Abellan Le 20 février 2018
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L'IGP Rosé de Beauté revoit sa commercialisation à la baisse, pas ses ambitions
Timide, la présence des vins IGP Rosé de Beauté 2017 permet leur dégustation/découverte sur le stand corse de Vinisud 2018. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
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« En 2017, la Corse a été épargnée par le gel, mais pas par la sécheresse » résume Éric Poli, le président du Conseil Interprofessionnel des Vins de Corse, sur le stand collectif du salon Vinisud. Résultat des courses, le vignoble insulaire a récolté 300 000 hectolitres, alors qu’il espérait atteindre les 400 000 hl avec la mise en productions de nouvelles plantations*. Cette baisse de 20 % de la production corse conduit l’interprofession à réviser l’ambition de l’Indication Géographique Protégée Île de Rosé, qui devait arriver en force sur les marchés cette année avec le soutien des caves coopératives corses.

« Le manque de volume est évident. Les opérateurs privilégient leurs marchés et le démarrage sera plus timide que prévu » lâche Éric Poli. Le vigneron de Linguizzetta estime qu’un millier d’hectolitres sera mis en marché, quand il tablait initialement sur 5 000 hl. « Les opérateurs gardent des volumes en Île de Rosé pour tester le marché » souligne Éric Poli, qui reste convaincu de la pertinence d’une IGP haut de gamme. Pour viser des prix de vente en grande distribution de 5 à 6 euros, quand ils sont actuellement moitié moindre pour l’IGP existante Île de Beauté.

La pérennité plus que la facilité

Pour gagner en valorisation, l’IGP Île de Beauté joue l’identité corse, le vin devant être composé à 85 % au moins de cépage sciacarellu, et l’engagement environnemental, avec une charte accolée au cahier des charges IGP. « Les vignerons s’engagent à réduire leur désherbage chimique de 70 %, à ne plus utiliser d’engrais chimiques, à pratiquer une agriculture raisonnée… » liste Éric Poli. Pour lui il s’agit autant de positionner les vins corses auprès des consommateurs sensibles au développement durable que de donner de nouvelles habitudes au vignoble. « Si l’on veut franchir dans dix ans le pas d’une nouvelle viticulture, il faut commencer à avancer progressivement » conclut le vigneron corse, inscrivant ses projets dans la pérennité plus que la facilité.

 

* : La Corse augmente actuellement de quasiment 2 % par an son vignoble (en 2018 sont demandés 130 hectares de nouvelles autorisations de plantation, pour une surface actuelle de 7 000 ha). « Le contingent est consommé chaque année. Il est juste en dessous de la demande » explique Pierre Acquaviva, le président du groupement intersyndical des vins AOC de Corse.

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