LE FIL

Lancement d’un rosé précieux

Les coopératives corses ambitieuses et innovantes

Lundi 30 janvier 2017 par Bertrand Collard
Article mis à jour le 03/02/2017 16:23:42

Thierry Lemoine, directeur export des Vignerons d’Aghione, Bernard Sonnet, directeur du conseil interprofessionnel des vins corses (CIVC), Eric Poli, président du CIVC et François Franceschi vice-président des Vignerons de l’île de Beauté lors du lancement au restaurant Garance à Paris.
Thierry Lemoine, directeur export des Vignerons d’Aghione, Bernard Sonnet, directeur du conseil interprofessionnel des vins corses (CIVC), Eric Poli, président du CIVC et François Franceschi vice-président des Vignerons de l’île de Beauté lors du lancement au restaurant Garance à Paris. - crédit photo : Bertrand Collard
Quatre coopératives corses se sont associées pour lancer un rosé IGP bien au-dessus des prix actuels. Elles misent sur la modernité des Corses et leur attachement à leur île pour réussir.

Ile de Rosé. C’est le nom de la nouvelle cuvée que lancent les quatre coopératives corses (*), avec le soutien de l’interprofession des vins corses. « Nous avons défini un profil produit et un cahier des charges, explique Éric Poli, président de l’interprofession. Les vignerons doivent s’engager dans une démarche de viticulture durable. Le vin doit être de couleur rose pêche, frais et léger, mais avec du gras. Il doit contenir au moins 60 % de sciaccarello, l’un de nos cépages insulaires. »

"Pierre précieuse"

Ile de Rosé bénéficie de l’IGP île de Beauté. Il est embouteillé dans une bouteille en verre extra-blanc, gravée d’un motif représentant la Corse, avec des facettes, comme si elle était taillée dans une pierre précieuse. Car l’objectif est de revaloriser la production. « Nous voulons sortir de l’ornière des MDD, souligne Thierry Lemoine, directeur export des Vignerons d’Aghione. Nous produisons de très beaux vins. Nous voulons le montrer. »

Les Corses ne manquent pas d’ambition. Ils visent un prix de vente en grande distribution entre 6,10 et 6,60 €/col alors que le prix moyen de vente des IGP île de Beauté rosés s’est élevé à 2,55 €/col dans la GD en 2015 (chiffre FranceAgriMer).

Pour commercialiser leur vin, les quatre coopératives et l’interprofession ont créé un GIE. Cette structure achète en vrac aux caves, fait embouteiller et revend.

"Les micro-influenceurs en renfort"

Pour lancer leur nouveau vin, les producteurs comptent sur l’attachement des Corses à leur île et sur leur modernité. « Nous sommes convaincus qu’énormément de personnes sont prêtes à s’engager pour faire connaître les vins corses », indique Claudine Pagon, de l’agence Insign chargée du lancement d’Île de Rosé. Pour les trouver, cette agence recherche des « micro-influenceurs » sur les réseaux sociaux fans de la Corse, c’est-à-dire les personnes qui ont entre 800 et 5 000 amis ou followers et qui postent régulièrement des sujets sur la Corse. « Nous allons leur faire connaître île de Rosé et leur demander de partager cette découverte autour d’eux », explique Claudine Pagon.

Autre idée neuve : les Corses vont se servir d’une plateforme de crowdfunding pour lancer une précommercialisation. Le public pourra verser une somme. Cet été, il récupérera, sous des modalités qui restent à définir, 95 % de la somme versée sous forme de bouteilles.

Les quatre coopératives ont prévu 33 000 cols pour cette année de lancement. À terme, elles visent 900 000 cols, soit 10 % de leur production de rosé.

 

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