LE FIL

Ministre de la Santé

Sur les bouteilles, « "l’alcool est mauvais pour la santé" serait le vrai message de santé publique »

Jeudi 08 février 2018 par Alexandre Abellan

En décor de plateau, les bouteilles et verres de vin illustraient les déclarations de la minsitre de la Santé (aux côtés de William Lowenstein).En décor de plateau, les bouteilles et verres de vin illustraient les déclarations de la minsitre de la Santé (aux côtés de William Lowenstein). - crédit photo : France Télévisions
Sur un plateau télé où le French Paradox a été tourné en fake news, Agnès Buzyn a défendu un durcissement des politiques sanitaires pour informer les consommateurs, sans souhaiter interdire la consommation de vin.

« La société française a une forte ambivalence face à la consommation de l’alcool » expose Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, ce 7 février en seconde partie de soirée lors d’un débat sur France 2 (L’alcool, tabou français ?). Après un film et des témoignages sur le développement de l’alcoolo-dépendance féminine, la ministre a dénonce un déséquilibre national : d’une part « un discours sanitaire qui est que l’alcool est mauvais pour la santé », de l’autre « un discours culturel qui en fait une spécificité française ». « Une culture du bon vin » glisse le présentateur Julian Bugier, qui place et maintient le débat sur le terrain viticole.

« On aime tous à un moment partager un verre de vin » reconnaît Agnès Buzyn, qui ne prône pas l’interdiction de la consommation. Pour la femme-médecin, « la réalité, c’est que l’alcool n’est pas bon pour la santé dès le premier verre, et que c’est proportionnel. Chacun aimerait dire qu’en dessous de tel seuil vous ne risquez rien. » Pour la femme politique, la mention « à consommer avec modération » des étiquettes est caduque : « aujourd’hui, le vrai message de santé publique serait : l’alcool est mauvais pour la santé. [Consommer avec modération] est un message ancien, ce qui ne veut pas dire que l’on ne reviendra pas dessus. »

"Il y a zéro différence"

Alors que la question européenne de l’étiquetage des données nutritionnelles et sanitaires donne des sueurs froides à de nombreux représentants du vignoble, la ministre prône donc une position intransigeante. Agnès Buzyn regrette d’ailleurs que « l’industrie du vin laisse croire aujourd’hui que le vin est différent des autres alcools. En termes de santé publique, c’est exactement la même chose de boire du vin, de la bière, de la vodka ou du whisky. On laisse penser à la population française que le vin est protecteur, qu’il apporterait des bienfaits que n’apporteraient pas les autres alcools. C’est faux. Scientifiquement, le vin est un alcool comme un autre. »

Si la tournure des débats est globalement restée à charge pour la filière viticole, des participants ont tenté de défendre ses principes de consommation raisonnable. « Bien évidemment que l’alcoolisme est une catastrophe. Mais à côté de ça, le vin fait aussi partie du patrimoine de la France » essaie de placer le journaliste Olivier Poels (Europe 1 et Revue du Vin de France). S’appuyant sur les études de cancérologues partisans du French paradox il avance que « dans certaines quantités il n’y a pas de problème à consommer du vin. Cela peut même se révéler bénéfique. »

Fake news

« La fake news chronique n’est plus recevable » a bondi William Lowenstein, le président de l’association SOS Addictions. Comparant l’influence du lobby français de l’alcool à celui américain des armes, l’addictologue demande l’affichage d’une information raisonnable sur les risques. « Si on veut boire du vin, on peut le faire. Ce qui compte c’est une information claire et que chacun fasse ses choix selon sa santé » renchérit Agnès Buzyn. S’appuyant sur un chiffre : si une femme boit un verre de vin par jour, elle augmenterait son risque de cancer du sein de 10 %.

« Je représente des entreprises qui n’acceptent pas le mauvais usage de leurs produits et qui investissent dans la prévention » essaie d’expliquer Alexis Capitant, le président de l’association Avec Modération. Reconnaissant que la consommation de boissons alcoolisées n’est pas anodine, il donne son appui aux réglementations sur leur communication, mais appelle à la révolution de la prévention promise par le président de la République lors de sa campagne.

"Travaillons ensemble"

« Dans ce pays, si l’on se met à cibler l’usage d’alcool, on a forcément toute la viticulture et l’économie dans la rue. Il y a une voie consensus en France si l’on se met tous d’accord pour travailler contre l’abus. Travaillons ensemble » lance Alexis Capitant. À voir si l’annonce présidentielle de permettre à la filière vin de débattre avec les ministères de l’Agriculture et de la Santé permettra d’orienter les politiques vers le consensus et non l’affrontement.

Cliquer ici pour revoir ce débat, dont la partie sur le vin aura duré moins de vingt minutes (à partir de la quarante-cinquième minute).
 

LAISSER UN COMMENTAIRE

Recopier le code :
Processing
LIRE LES COMMENTAIRES
Jean pierre Emile Le 01 mars 2018 à 17:56:57
comment une petite ministre sans culture peut-elle se retrouver à ce poste en France, le Pays du bon Vin ? pauvre médecin qui n'empêche pas la vente de tous les médicaments bien chimiques en prétendant soigner les gens. Prête à initier une campagne anti-vin sur le mode du Mac Carthysme et donc de la prohibition américaine. Et le sucre madame, et le gras, et le sel présents dans tout ce que l'on mange, et les désherbants, les engrais chimiques, les traitements chimiques, tout ce qui sert à produire 90/100 de la nourriture des français, et la médecine que vous pratiquez et l'industrie pharmaceutique et chimique qui empoisonne ou qui, bien mieux, mithridatise le peuple pour s'assurer une clientèle et qui impose 11 vaccins bourrés d'aluminium aux bébés sans sourciller et sans informations. Vous l'ignorez ? certainement pas. Vous savez tout cela. Vous avez fait votre choix puisque dans les cuisine et les caves des ministères et de la Présidence vous savez que l'on mange beaucoup de très bonne nourriture BIO et on boit d'excellents vins. Certainement pas la nourriture des Français. Vous masquez la vérité de la nourriture du peuple français et vous accusez stupidement le vin d'être responsable de la mauvaise santé publique. Ceci quand la plupart des vignerons prônent la mesure en toute chose et conseillent le public pour en faire des "dégustateurs" mesurés et non pas des alcooliques invétérés. J'accuse quelqu'un comme vous d'empoisonner le peuple consciemment et de mentir sur le vin, votre problème, mais notre culture. Comme disait le Président Pompidou, comme l'ont rappelé votre Président et votre 1er Ministre, "arrêtez d'emmerder les français" et partez prêcher ailleurs votre campagne d'intoxication et de mensonges.
Bob Le 01 mars 2018 à 11:34:05
A lire sur le Point vin : Lettre ouverte à Madame Agnes buzyn par Jean Pierre Zolotareff. Mesdames et Messieurs de France Télévision si vous aviez invité Monsieur Zolotareff vous auriez élevé ce débat, apporté la contradiction à Madame la Ministre. C'est bien le vrai rôle du service public n'est ce pas ! Jean-Pierre Zolotareff est psychothérapeute – addictologue – diplômé du département santé publique et communautaire de la faculté de médecine de Bobigny (Dufass, 1981), directeur de centres de soins en alcoologie puis en addictologie de 1982 à 2017 – organisateur de 7 forums européens en alcoologie et addictologie durant la période, dont celui de Nantes labellisé dans le cadre des états généraux de la santé par Bernard Kouchner –, enseignant à la faculté de médecine d'Angers dans le cadre d'un des principaux DIU d'addictologie français jusqu'en 2016 – président fondateur du Réseau national de l'alcoologie plurielle –, directeur de la publication du même nom – coauteur de l'ouvrage Pour une alcoologie plurielle –, membre de la Société française d'alcoologie – vice-président fondateur de l'Observatoire addictologie de Seine-Saint-Denis. À ce jour, encore en activité auprès de publics en insertion, formateur et superviseur pour la formation des professionnels en addictologie clinique de terrain (Réseau PASS IDF)
nsg Le 21 février 2018 à 20:30:45
Vous avez tous raison, n’est-ce pas ? Mais allez voir dans les services hospitaliers anti-cancéreux , on dit toujours que ça n’arrive qu’aux autres. Vous n'êtes pas sans savoir qu’il y a une recrudescence importante dans la maladie du cancer et que l’alcool en est une des principales causes ?
David Cobbold Le 14 février 2018 à 21:56:38
Si l'alcool, qu'elle que soit la dose, l'environnement et la circonstance, est "mauvais pour la santé", qu'en est-il des effets des mensonges, doses massives de mauvaise foi et approximations en tout genre pour l'intelligence, et donc aussi pour la santé ?
LeGuideC Le 10 février 2018 à 01:14:04
Il est jusqu'à présent malheureusement impossible de débattre "tranquillement" et avec objectivité du vin: les détracteurs se placent systématiquement sur le seul plan de l'alcool dont on ne peut bien sûr pas nier la dangerosité et les ravages tandis que les partisans se retranchent derrière les arguments économiques et culturels prônant une forme de distinction idéalisée. Je prétend pour ma part que le Vin est un sujet bien plus complexe, où quel qu'en soit la facette, on peut affirmer tout et son contraire en disposant d'appuis solides, éléments scientifiques avérés et preuves historiques par exemple. Et ce n'est certainement pas en quelques dizaines de minutes d'un show médiatique ou chaque parti cherche à prendre l'avantage sur l'autre que la question sera tranchée. En attendant, je préfèrerais que nos décideurs, entre autres à l'échelon européen, démontrent leur indépendance face aux vrais lobbies, ceux de l'agro-alimentaire, qui continuent à faire passer pour acceptable un modèle détruisant à grande vitesse le potentiel de ressources de notre planète, à un moment où justement l'enjeu est plus que jamais de tenter d'assurer à boire (de l'eau) et à manger à une population mondiale en croissance exponentielle.
Bob Le 09 février 2018 à 16:11:01
A coté ou peut être en face, de Madame la ministre de la santé Agnès Buzyn la présence de Madame la Conseillère agriculture, pêche, forêt et développement rural Audrey Bourolleau aurait permis d'équilibrer ce débat à charge contre le monde vinicole viticole d'une part. D'autre part en face de William Lowenstein un professionnel de la santé recommandant et/ou soutenant l’intérêt d'une consommation journalière d'un verre de vin aurait là aussi permis d'entendre une position avisée , l'intervention d'Olivier Poels ayant été balayé du revers de la main. Comment peux t on suivre et admettre les propos de la ministre de la santé qui martèle "si une femme boit un verre de vin par jour, elle augmenterait son risque de cancer du sein de 10 %." sans citer aucune source et celle de William Lowenstein qui compare le lobby du vin à celui des armes aux états unis. Un peu de rigueur intellectuelle, une impartialité du présentateur Julian Bugier et la présence d'Audrey Bourolleau aurait certainement permis d'élever le débat. Pour terminer la différence entre le vin et les alcools forts c'est 40°.
Hervé Lalau Le 09 février 2018 à 09:03:32
Personne n'est choqué du manque de pluralisme de ce débat? Et de l'absence de représentants de la filière alcool et surtout du vin? Les chiffres avancés par Mme Buzyn sont faux. L'amalgame entre le vin et les alcools forts est criant - les témoignages entendus sur le plateau mettent en cause les spiritueux, pas le vin. Aucune étude n'a été publiée qui permettrait de lier la culture du vin et la surconsommation d'alcool; au contraire, on constate que des pays n'ayant pas cette même culture ont de gros problèmes d'alcoolisation. Le secteur du vin doit faire corriger la propagande des prohibitionnistes.
Eddy0471 Le 08 février 2018 à 22:11:53
j'ai trouvé Agnes Buzyn d'une totale hypocrisie lorsqu'elle ose dire " Ce qui est important c'est une information claire et que chacun face ces choix sur ça santé..." sauf que quelqu’un qui à bu peut aussi faire le choix de tuer d'autre personne au volant de son véhicule, contrairement au tabac ou seul le fumeur se tue. Le tabac est surtaxè, traité comme un tueur, que l'on illustre par des photos ignoble... et Mr Macron veut passer le paquet à 10 Euros, par contre l'alcool qui fait un peut prés le même nombre de mort n'est pas représenter sur ces étiquettes avec des personnes sur un lit d’hôpital avec des tubes partout, ou un foie en état de décomposition... Attention je ne défend pas le tabac, ces une "merde" comme l'alcool, alors pourquoi sont-il traité avec de telles différences. L'état est vraiment comme sont ministre de la santé très hypocrite.
billet thierry Le 08 février 2018 à 19:36:24
non c'est faux, boire un verre de vin par jour est tres bon pour la santé, mais la ministre de la santé n'a pas regardé les taxes qui rapporte a letat comme le tabac
Mendoza Le 08 février 2018 à 15:00:16
SOS Addiction, ANPAA et cie ne sont que des hypocrites et des obscurantistes. Ces individus, qui n'ont trop souvent pas su se maitriser, sont devenus des extrémistes, tout comme d'autres se sont pervertis en détournant pour leur propre intérêt les valeurs de générosité et de partage de certaines religions. Ils veulent interdire au peuple français le plaisir de la dive bouteille car eux sont obligés de s'en priver. De quel droit cette attitude ? Je suis un hédoniste, dont la consommation reste raisonnable. Aussi je veux conserver le plaisir de la découverte et des discussions sans fin que procure comme aucun autre produit le vin. C'est constitutif de mon histoire et de ma culture et je le revendiquerai toujours.
Robert G Le 08 février 2018 à 14:48:36
Super, entre Elise Lucet et Agnes Buzyn, France2 a décidé de dégommer le vin! Dommage que vin & société ne relance pas le programme 1minute 1vignoble pour encadrer ces émissions 100% à charge! Ou que vin & société n'envoie pas de porte-paroles plus convaincants pour nous défendre....
© Vitisphere 2018 - Tout droit réservé