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Le succès du VCI pour les appellations de Mâcon
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Bourgogne
Le succès du VCI pour les appellations de Mâcon

Les vignerons producteurs des appellations Mâcon et Mâcon-villages ont pu constater, lors de la récolte 2017, tout l'intérêt du nouveau dispositif du Volume Complémentaire Individuel (VCI).
Par Juliette Cassagnes Le 07 février 2018
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Le succès du VCI pour les appellations de Mâcon
Les vignerons ont dû adapté leur cuverie pour pouvoir gérer les petits volumes liés à la mise en place du VCI - crédit photo : J Cassagnes
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e VCI, entré en vigueur en 2014 pour les appellations régionales blanches en Bourgogne, a été, pour la première fois, utilisé de façon importante dans le Mâconnais en 2017. Globalement, le stock de vins  « mis en réserve » est tombé de 30 200 hl en 2016 à 19 570 hl après la récolte 2017, soit environ 11000 hl de vin "réinjecté", pour une récolte d'environ 207 000 hl.

C'est mieux que rien

Une partie des viticulteurs ont dû faire face à de petits rendements (56,4 hl/ha), nettement inférieurs à ceux autorisés, avec parfois même de très faibles volumes pour certains: « Dans certains secteurs du mâconnais, les viticulteurs ont subi de lourds dégâts liés au gel et à la grêle, de l'ordre de 90%, confirme Jérôme Chevalier, président de l'Union des vins de Mâcon. Grâce au VCI, ils ont pu s'en sortir, en compensant en partie, pas totalement, les pertes... C'est mieux que rien… », poursuit celui-ci. 

Mais le mécanisme a aussi rendu service à des vignerons moins fortement touchés. C’est par exemple le cas de Michel Barraud, viticulteur et président de la coopérative « Les vignerons des Terres secrètes », à Prissé. Au niveau de la cave, 2000 hl de VCI ont été utilisés, permettant de ramener la récolte 2017 à 24 000 hl, contre 26 000 hl habituellement.  « 2017 est l'année où l'on a utilisé le VCI de façon importante et où il a pleinement joué son rôle », explique t'il.

Ouvrir le dispositif au stockage en bouteilles

Selon lui, ce mécanisme est « très intéressant » à double titre: d'abord parce qu’il permet de démarrer l'année avec plus de sérénité : « En cas de gel comme en 2017, on n'aborde plus l'année avec zéro vin ». Ensuite, parce qu’il présente un intérêt commercial : « Contrairement à une assurance climatique ou revenu, le VCI permet d’avoir du vin à vendre, donc de disposer d’un volume commercialisable plus stable et régulier. On évite les yoyos, mauvais pour le commerce », précise Michel Barraud.

Pouvoir stocker en bouteilles

Après une mise en place « compliquée » au démarrage, liée au poids administratif et logistique pour gérer des petits volumes, les viticulteurs ayant pu stocker du VCI lors des précédentes récoltes ont donc finalement pu en mesurer tout l’intérêt cette année.

Il reste cependant à lever un frein majeur à son développement dans les autres appellations, moins volumiques : l'interdiction de stocker le VCI sous forme conditionnée les petites quantités, mais uniquement en cuve... Une obligation totalement inadaptée du point de vue logistique et qualitatif. Les responsables professionnels des ODG concernés étudient actuellement, auprès de l'Inao, la possibilité de changer cette règle, « ce qui amènerait que des avantages », explique Jérôme Chevalier.  « Il faudrait aussi une bonne récolte en 2018 pour reconstituer des stocks de VCI, bien entamés... » conclut-il.

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