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Côtes-du-Rhône
Un retour à un équilibre des vins bio peut-être temporaire

D'une période de surproduction avec des vins qui ne trouvaient pas preneurs et des prix bas, le marché des vins bio en Côtes-du-Rhône semble avoir désormais trouvé son équilibre. Prix, production, demande : les grands indicateurs économiques sont passés au vert.
Par Juliette Cassagnes Le 25 janvier 2018
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Un retour à un équilibre des vins bio peut-être temporaire
A

près deux années de baisse successive des surfaces plantées en Côtes-du-Rhône et Côtes-du-Rhône villages bio, l'heure semble désormais être à la stabilité. En 2017, les surfaces déclarées dans cette production sont quasiment identiques à celles de 2016, voire même en légère progression, avec 3 500 ha. Les quelques «déconversions», moins nombreuses qu'avant, seraient ainsi compensés par les nouvelles surfaces « entrantes ».

Fin de la surproduction
La récolte 2017, comptabilisée à 87000 hl, est en revanche nettement inférieure à celle de 2016 (116000 hl), les conditions météo compliquées de l'année ayant entraîné de très faibles rendements dans la région.

Si l'on considère le volume de 2017 comme un « accident » et que l'on se base sur un potentiel de production équivalent à celui de 2016, soit 116 000 hl, l'équilibre entre offre et demande serait désormais meilleur, après des années de surproduction : « Si l'on se base sur une récolte comme celle de 2016, le point d'équilibre semble atteint ; les courbes de la production et des besoins du marché sont en train de se croiser », analyse Denis Guthmüller, élu à la commission économie du syndicat de l'appellation.

Un prix vrac en hausse

La faible production et l'inversion de tendance ont eu comme corollaire une remontée des cours sur le vrac, aujourd'hui valorisé à 185€/hl, contre 165€/hl pour le Côtes-du-Rhône bio « conventionnel ». Une hausse qui reste cependant « limitée », estime celui-ci, et qui permet aux viticulteurs « d'en vivre ». « En vendant à 180€, la production ne joue pas à la spéculation, car elle souhaite construire quelque chose de durable », se défend-il.

Mais ce relatif équilibre ne devrait pas durer, prédit aussi Denis Guthmüller. La demande continuant de progresser - la croissance du marché des vins bio étant estimée entre +15 et +20% par an - la production actuelle ne devrait donc plus suffire dans deux ou trois ans : « D'ici quelques années, il manquera clairement de vin bio et il y aura des tensions sur les prix, prédit celui-ci. Si on avait une interprofession (voir encadré), on serait plus serein, on aurait plus de visibilité, regrette t-il. Pour les années à venir, il faut aussi motiver les conversions ! »

Illustration: Graphique représentant les surfaces déclarées en bio en appellation Côtes du Rhône et Côtes du Rhône villages:

Deux ans après, l'association interprofessionnelle n'a toujours pas vu le jour

A quand une filière Côtes-du-Rhône bio organisée dans la vallée du Rhône ? Evoquée en juin 2016, la concrétisation de celle-ci, via la naissance d'une association interprofessionnelle, ne semble encore pas pour tout de suite... : « On discute, un groupe de travail informel a été constitué, réunissant des membres de la production et des membres de l'UMVR, mais il n'y a rien de concret pour le moment », répond Etienne Maffre, président du négoce.

« Les deux parties souhaitent avancer, mais la motivation est plus marquée côté production, indique Denis Guthmüller, qui y travaille et attend depuis deux ans sa réalisation. On avance tranquillement, mais ce n'est pas simple », poursuit celui-ci. En toile de fond, des différends entre les deux familles sur la valorisation des vins bio, notamment sur le différentiel de prix avec les vins conventionnels, sur lequel elles n'arrivent pas à s'entendre.

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