LE FIL

Nouveaux cépages

Les Resdur1 résistent aussi à l’épreuve de la dégustation

Jeudi 30 novembre 2017 par Alexandre Abellan

Artaban, Floréal, Vidoc et Voltis : « nous sommes attachés à ce qu’il n’y ait pas de confusion sur les noms de cépage » glisse Jean-Pierre Van Ruyskenvelde.Artaban, Floréal, Vidoc et Voltis : « nous sommes attachés à ce qu’il n’y ait pas de confusion sur les noms de cépage » glisse Jean-Pierre Van Ruyskenvelde. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Présentes sur le salon Sitevi, les vinifications 2017 de variétés résistantes obtenues par l’INRA et l’IFV semblent prêtes à intégrer des assemblages de vins de cépages.

Au bar de l’Institut français de la vigne et du vin (IFV), la présentation des quatre cépages Resdur1 en cours d’entrée au catalogue officiel des variétés de vigne* a fait un tabac. Les vignerons et étudiants se sont pressés pour voir les caractéristiques dans le verre de ces variétés si prometteuses à la vigne (ayant des résistances polygéniques au mildiou et à l’oïdium). « Attention, ce ne sont que de premiers essais sur des jeunes vignes du site expérimental de Lisle-sur-Tarn, qu’il faudra conforter dans d’autres conditions » prévient Jean-Pierre Van Ruyskenvelde, le directeur général de l’IFV.

Avec ces précautions d’usage, les trois vins présentés sont prometteurs (le quatrième cépage, Vidoc n’a pas été présenté n’étant pas encore prêt). Le vin blanc de Voltis présente un nez discret, avec des notes de beurre et de cacahouètes, bouche vive et fraîche. Pour le Floréal blanc, le nez est plus expressif, sur des fruits mûrs et avec une bouche tendue. « On pourrait croire à un sauvignon blanc du Sud » s’enthousiasme Régis Cailleau, le responsable de la communication de l’IFV. Plus rustique, le vin rouge d’Artaban présente un nez épicé de fruits rouges et mie de pain, avec une trame très tannique. Si avec des vinifications traditionnelles l’Artaban paraît difficile à valoriser en monocépage, il donne des résultats intéressants en assemblage.

Cépage d’assemblage

Avec 15 % d’Artaban et 85 % de merlot, le vin obtenu conforte les arômes du merlot tout en gagnant en structure tannique. De même le Floréal assemblé avec du sauvignon blanc donne une tension sans altérer l’identité du sauvignon. « Sauf que l’on a 15 % de cépages résistants avec deux traitements seulement » souligne Jean-Pierre Van Ruyskenvelde, qui rappelle qu’une fois inscrits au catalogue, ces cépages pourront être utilisés à 15 % dans les cuvées IGP. Sachant que des groupes de travail dédiés au déploiement de ces nouvelles variétés sont ouverts en IGP et AOP, afin d’étudier leur intégration aux cahiers des charges.

Alors que le réseau OsCaR doit déployer ces cépages en Occitanie dès 2018, l’IFV développe désormais des outils pour permettre aux vignerons de se projeter sur les profils organoleptiques de ces nouvelles variétés, qu’elles soient Resdur ou Bouquet. Le site de Pech Rouge travaille ainsi sur une méthode technologique permettant d’estimer à partir d’une microvinification expérimentale ce que serait un profil produit à l’échelle industrielle. Et pour suivre finement les profils des nouveaux cépages, l’IFV a lancé le projet de « caractérisation sensorielle des innovations variétales résistantes européennes candidates au classement en France » (CIVARE), avec ses dégustateurs de Villefranche-sur-Saône et de Vidauban (Centre International du Rosé).

 

* : Les quatre variétés seront étudiées ce 13 décembre par le Comité Technique Permanent de la Sélection pour une inscription au catalogue viticole, puis ce 20 décembre par le comité vin de FranceAgriMer pour un classement définitif. L’arrêté ministériel est attendu pour début 2018

 

Un intrus parmi ces Resdur1 : le premier vin commercial d'assyrtiko de France (du domaine de Tresses, en Pyrénées Orientales).

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