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Vins de Bordeaux

La distillerie Douence autorisée à poursuivre son activité

Vendredi 10 novembre 2017 par Alexandre Abellan

Installation Classée pour la Protection de l’Environnement (ICPE), la distillerie Douence a été fondée en 1947 par la famille qui continue de la gérer.
Installation Classée pour la Protection de l’Environnement (ICPE), la distillerie Douence a été fondée en 1947 par la famille qui continue de la gérer. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
La préfecture vient de signer l’arrêté permettant à l’industriel de traiter les marcs, lies et vins de son soixante-dixième millésime. Tout en augmentant de 25 % sa production.

Se faisant attendre depuis des mois, malgré la précocité du millésime bordelais, l’arrêté vient enfin de tomber : « sur la base de l’avis favorable du Conseil Départemental de l’Environnement et des Risques Sanitaires et Technologiques (CODERST) et au vu des engagements pris par l’exploitant, le préfet de la Gironde, a signé l’arrêté autorisant le fonctionnement de la distillerie Douence à Saint-Genès-de-Lombaud ».

Un soulagement pour les 922 signataires de la pétition pour le maintien de l’activité de traitement des sous-produits vinicoles la distillerie (40 000 tonnes de marcs pour 150 000 hectolitres de lies apportés par 3 200 viticulteurs). Mais un revers pour les associations de riverains et élus locaux critiquant la pollution et les nuisances de l’usine. Telle Anne-Laure Fabre-Nadler, conseillère départementale de Gironde, pour qui « cet arrêté est l'arrêté de la déception. "Circulez, il n’y a rien à voir" semble-t-on nous répondre, malgré tous les arguments avancés pendant l'enquête publique… »

"Aboutissement d’une longue procédure"

Basée dans l’Entre-deux-Mers, la distillerie Douence était sous autorisation provisoire depuis 2010 (des associations ayant fait casser les arrêtés de 2001 et 2003). Si l’enquête publique avait rendu un avis négatif l’été 2016, l’avis du CODERST, les investissements réduisant les nuisances et les études d’impact du distillateur ont fait basculer la balance préfectorale. L’arrêté concluant à « l’absence de risque sanitaire » et soulignant « l’amélioration des émissions odorantes, bien que réglementairement conformes [et] l’amélioration de la qualité de combustion des chaudières à bois ».

Parmi les engagements de la distillerie, les riverains notent la mise en place temporaire d’une station de mesure de l’indice de la qualité de l'air (ATMO). Mais également la création d’une commission de suivi de site, « chargée de restaurer les conditions d’un dialogue constructif entre l’industriel et son voisinage » annonce la préfecture. Les pouvoirs publics devant prochainement créer le groupe de travail par arrêté. La première réunion devant se tenir cette fin d’année. Mais « la commission de suivi, pour laquelle j'ai été sollicitée, aura-t-elle les moyens de jauger quoi que ce soit ? » se questionne Anne-Laure Fabre-Nadler, pour qui la distillerie Douence garde son « droit à polluer »

+20 % de production

Quoi qu’il en soit, les engagements de l’industriel, ont poussé le préfet bordelais a autorisé de plus une « augmentation modérée de sa capacité de production » annuelle, passant à 55 000 hectolitres/an. Soit une hausse de 20 % de l’activité, quand l’industriel demandait à l’origine +30 % pour soutenir ses investissements. « Nous pouvons accepter les contraintes environnementales. Mais seulement avec un niveau de production qui nous permette d’assumer le travail demandé par la viticulture bordelaise » déclarait Bernard Douence, le PDG de la distillerie, à Vitisphere l’hiver dernier.

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dani Le 10 novembre 2017 à 17:21:51
Super pour les emploies et pour cette dynamique et sympatique entreprise Girondine
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