LE FIL

La filière très agacée

10000 signatures contre le tire-bouchon de trop

Vendredi 29 septembre 2017 par Bertrand Collard

Boris Calmette, président des Vignerons coopérateurs de France, et Jérôme Despey, président du Comité vin de FranceAgriMer à la sortie du ministère de l'Agriculture le 28 septembre.Boris Calmette, président des Vignerons coopérateurs de France, et Jérôme Despey, président du Comité vin de FranceAgriMer à la sortie du ministère de l'Agriculture le 28 septembre. - crédit photo : Bertrand Collard
Lors de leur rencontre avec Stéphane Travert, les représentants de la filière viticole ont fait part de leurs revendications, à commencer par la suppression de la campagne du ministère de la santé qui stigmatise le vin.

« On a un ministre qui nous écoute. C’est déjà ça », glisse Thomas Montagne, président des Vignerons indépendant de France à la sortie de la réunion des représentants de la filière viticole avec Stéphane Travert, le 28 septembre à Paris. Mais il n’en dira pas plus. C’est à Jérôme Despey, président du conseil des vins de FranceAgriMer de « briefer » la presse sur ce qui vient de se dire.

"Nous avons demandé à Stéphane Travert d’être notre allié sur ce sujet"

« Nous avons remis 10000 signatures de notre pétition Le tire-bouchon de trop au ministre, démarre Jérôme Despey. Nous avons demandé le retrait du tire-bouchon de la campagne du ministère de la santé (campagne de prévention du cancer). Nous ne demandons pas le retrait de la campagne elle-même. Mais bien du tire-bouchon. C’est inadmissible, inqualifiable de stigmatiser ainsi la filière viticole. Nous voulons une rencontre avec la ministre de la santé pour qu’une telle chose ne se reproduise pas. Nous avons demandé à Stéphane Travert d’être notre allié sur ce sujet. »

Autre sujet sensible : le glyphosate. « Nous avons dit au ministre que le secteur viticole en a besoin. Tant qu’il n’y a pas d’alternative on ne peut pas aller vers l’interdiction de cette substance. » Jusqu’à présent, on n’avait pas entendu les responsables de la filière prendre position.

La campagne du ministère de la santé survient alors que la viticulture est fragilisée par une très faible récolte. « Elle sera inférieure à 37 millions d’hl, assure Jérôme Despey. Il faut créer des cellules d’urgence dans chaque département avec l’administration pour venir en aide aux exploitations en difficulté. » Ces exploitations devront bénéficier de l’exonération de la taxe sur le foncier non bâti, d’allègements de cotisations sociales, de plans de restructuration de leur dette. L’éventail classique des mesures d’aide après une catastrophe climatique.

Audit étendu aux caves coopératives

La filière demande également que les coopératives puissent bénéficier de l’aide à l’audit des entreprises. Pour l’instant, seules les caves particulières peuvent y prétendre. « Le ministre nous a donné son accord », assure Jérôme Despey.

Les responsables professionnels ont aussi plaidé pour le droit à l’erreur vis-à-vis de FranceAgriMer « pour qu’un viticulteur qui aurait indiqué sa surface cadastrale sur sa demande d’aide à la restructuration au lieu de sa surface plantée ne soit plus sanctionné. »

Concernant les états généraux de l’alimentation, les représentants ont soulevé un paradoxe. En effet, le ministre de l’Agriculture demande aux participants de trouver les moyens de payer un prix rémunérateur aux producteurs. Or, la Répression des fraudes, qui est au ministère des finances, interdit toute discussion sur les prix au sein des organisations professionnelles, y compris pour définir ce qui serait un prix rémunérateur.

Dernier point : la question de l’assurance récolte. La France a bien porté à Bruxelles la demande d’une baisse du seuil de déclenchement de 30 à 20 %. Elle a bon espoir d’être entendue. En revanche, mauvaise surprise : s’agissant de la moyenne olympique dont la filière ne veut plus, c’est avec les assureurs qu’il faut discuter. Ce sont eux et non l’administration qui ont décidé de s’y référer. A écouter Jérôme Despey, on a cru comprendre qu’il redoutait des négociations bien plus dures qu’avec l’administration.

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