LE FIL

Assurance récolte

Le ministre de l’Agriculture à l’écoute des vignobles gelés

Lundi 07 août 2017 par Alexandre Abellan

« Il ne faut pas deux saisons comme celle-là. Sinon les exploitations sont fragilisées jusqu’à disparaître » commente Stéphane Travert, au centre, ce 3 août dans des vignes gelées du bordelais.
« Il ne faut pas deux saisons comme celle-là. Sinon les exploitations sont fragilisées jusqu’à disparaître » commente Stéphane Travert, au centre, ce 3 août dans des vignes gelées du bordelais. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Pour son premier déplacement viticole, Stéphane Travert est venu constater les dégâts des gelées d’avril, autant que faire la démonstration de sa méthode de travail : la concertation, avant d’étudier les revendications.

« Je suis venu pour me rendre compte sur le terrain des conséquences du gel. Et voir comment porter la réflexion sur le système assurantiel » pose Stéphane Travert, venant à la rencontre du vignoble girondin ce 4 août. Pour sa première visite viticole en tant que ministre de l’Agriculture, le député normand a en effet pu voir sur pièce les pertes de rendements dues aux gelées du printemps : touchés entre 80 et 90 % par le gel, les 45 hectares des vignobles Gabard (Galgon) s’attendent à une perte sèche d’un tiers de leur chiffre d’affaires. Ce qui pousse, hélas trop tard, la propriété à envisager de s’assurer dès l’an prochain.

"Remplacer ce qui n’a pas marché"

Rappelant les dispositifs classiques de soutien aux propriétés touchées, Stéphane Travert a présenté sa méthode ministérielle : « être à l’écoute de l’ensemble des acteurs pour mieux comprendre les difficultés, et aussi venir évaluer les politiques publiques pour en imaginer de nouvelles. Et surtout veiller à ne pas répéter les erreurs qui ont pu être commises. »

Pour le vignoble, la révision des modalités de l’assurance récolte socle doit illustrer cette approche basée sur l’évaluation de toutes les propositions. Stéphane Travert a d’ores et déjà montré son intérêt pour la révision du calcul de la moyenne olympique, qui sert de niveau de référence. « Ce sont des dispositifs devant lesquels nous devons revenir, pour remédier à ces aléas climatiques qui sont de plus en plus fréquents » a évoqué le ministre. Qui envisage également des négociations avec les assureurs pour adapter leurs contrats.

Les élus viticoles ont aussi souligné la volonté affichée du ministre d’ouvrir en 2018 le dispositif de garantie du Pacte de Consolidation aux viticulteurs gelés en 2017. Cet outil permettant de soutenir leurs trésoreries, via des emprunts assurés par la Banque Publique d’Investissements et la Région.


"Je suis l’ambassadeur de la viticulture à Bruxelles"

Ayant tenu sa promesse de venir dans le Bordelais, après avoir manqué le premier congrès de la viticulture, Stéphane Travert a pu rattraper son retard sur d’autres exigences européennes de la filière. Entre une table ronde matinale à la Cité du Vin, un déjeuner à Fronsac et une visite de vignoble l’après-midi, ces échanges multiples ont confirmé que le ministre est prêt à porter les demandes de la filière vin.

Stéphane Travert soutient ainsi la modification de la réglementation pour introduire dans les AOP des cépages non-vitis vinifera (afin d’expérimenter des cépages résistants au mildiou et à l’oïdium en appellation), le maintien des spécificités de la viticulture dans la Politique Agricole Commune (notamment l’Organisation Commune de Marché Vitivinicole)… À noter également l’idée évoquée d’organiser à la Cité du Vin une session de travail dédiée à la filière vin dans le cadre des États Généraux de l’Alimentation.

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