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Pourquoi les délais et coûts d’expédition des vins augmentent vers la Chine
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Transport maritime
Pourquoi les délais et coûts d’expédition des vins augmentent vers la Chine

En forme de goulot d'étranglement, les bateaux à destination de l’Asie connaissent une demande supérieure à l’offre conduisant à des enchères et des retards. Un dysfonctionnement qui alimente l’intérêt pour des alternatives, comme le rail.
Par Alexandre Abellan Le 26 juin 2017
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Pourquoi les délais et coûts d’expédition des vins augmentent vers la Chine
Partenaire du salon Vinexpo, JF Hillebrand France avait la chance de pouvoir se rafraîchir au vent parcourant le lac bordelais. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
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epuis l’an dernier, « des containers ont dû rester à terre, ne pouvant être chargés pour l’Asie, ils ont dû être retardés, ce qui a créé un effet domino » constate Yvan Astier, le directeur général de la branche française du logisticien JF Hillebrand (qui revendique le titre de leader mondial pour les vins et spiritueux). « Les compagnies de transport maritime sont en difficulté financière depuis des années » explique l’expert, « entre la réduction de leurs investissements (les prix étant cassés), le dépôt de bilan du coréen Hanjin Shipping (n°7 mondial) et le bond de l’export des vins vers la Chine (+22 % sur les quatre premiers mois 2017), il y a eu une chute aussi brutale qu’inattendue des capacités à bord. »

En une année sur l’axe Europe-Asie, les prix du fret maritime ont doublé ou triplés selon les compagnies. Pour des hausses allant selon Yvan Astier de 800 à 1 500 dollars par container (soit 700 à 1 300 euros/container). « On était sur une période d’enchères. Certains avaient besoin d’envoyer leurs vins coûte que coûte » explique le dirigeant de JF Hillebrand France.

Pour éviter les difficultés, il faut anticiper

Alors que les alliances maritimes se concentrent et que les prix se maintiennent à de hauts niveaux, les exportateurs et importateurs de vin doivent désormais faire avec des choix d’expéditions réduits. Que ce soit en termes de services ou de date de départs. « C’est une difficulté logistique, il y a moins de départs et plus d’engorgement » résume Yvan Astier. Pour réduire le risque de voir ses vins bloqués dans un container sur les quais pendant des jours, l’expert conseille d’anticiper un maximum ses expéditions pour les fluidifier. Sur un envoi maritime Bordeaux-Chine, il préconise de prévoir deux à trois semaines à l’avance son expédition, contre une semaine actuellement constatée. Sachant que le transport dure 35 jours (enlèvement inclus).

Sur les traces de Marco Polo

Alors que le maritime est devenu instable, la perspective d’une alternative émerge : la mise en place d’un chemin de la soie ferroviaire. Avec le groupe InterRail, JF Hillebrand a testé en mai dernier l’expédition de vin par wagons. Parti de Duisburg, en Allemagne, et arrivé à Yiwu, en Chine, ce lot aura traversé en 27 jours six pays. Et aura passé par des conditions extrêmes, allant de 2 000 mètres de hauteur à des déserts arides.

Réalisé en container conteneur isolé avec un Vinliner, ce test a permis d’analyser les conditions et modalités de transport par rail. Et surtout de les comparer à celles du maritime. Pour l’instant les défauts ne manquent pas : le train transporte moins de volumes (50 wagons contre 15 000 containers en bateau), actuellement cinq jours sont perdus à cause de changements de trains, les rails n’ayant pas la même largeur en ancienne union soviétique (Biélorussie et Russie sont traversées), et les passages des frontières s’accompagnent de difficultés douanières.

Une alternative, en complément

« Le rail va se mettre en place à l’avenir. Les écarts de prix sont acceptables (x3 entre bateau et rail) et le potentiel de développement permet d’envisager que cela devienne un complément régulier » estime Yvan Astier. Pour l’instant aux prémices, le ferroviaire pourrait se fluidifier avec un développement du réseau permettant de réduire les prix, l’adoption d’une convention ferroviaire simplifiant les passages de frontières, l’uniformisation des normes des rails… La mise au point d’un cahier des charges pour la bonne préparation des lots de vins, notamment par rapport aux vibrations, est également un préalable à tout déploiement de l’offre. Pour cela un nouvel essai sera expédié en juin.

 

Avec 11 400 kilomètres, le transport ferroviaire demande 25 à 27 jours (en comptant l’enlèvement et le fret), quand le maritime en demande 35 à 40 jours pour 19 700 km (et que l’aérien parcourt 8 500 km en 3 à 7 jours).

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