LE FIL

Brexit

L’industrie du vin veut qu'il ne se passe rien

Mardi 23 mai 2017 par Marion Sepeau Ivaldi

La conférence sur le Brexit organisée le 22 mai durant la London Wine Fair a fait salle comble.La conférence sur le Brexit organisée le 22 mai durant la London Wine Fair a fait salle comble. - crédit photo : Marion Sepeau Ivaldi
Le virage du Brexit et sa négociation préoccupent les opérateurs britanniques. Lors de la London Wine Fair qui se tient du 22 au 24 mai, la WSTA a exposé ses craintes et ses préconisations.

« D’un point de vue économique, il n’y a pas de raison d’imposer des taxes douanières aux frontières avec l’Europe. D’un point de vue politique, bien sûr, c’est autre chose » lance Miles Beales, directeur général de la Wine and spirit trade association, non sans ironie. En effet, il y a une parfaite équité entre la valeur des importations européennes de vin en Grande-Bretagne et celles des exportations de spiritueux britanniques vers l’Union européenne. Un argument massue utilisé par la WSTA pour défendre le statut quo sur la réglementation commerciale entre le Royaume-Uni et l’Union européenne. « Notre objectif est qu’il ne se passe rien ! »

Parler d’une seule voix

Mais, s’il devait se passait quelque chose, l’idéal serait que le Brexit se passe en douceur grâce à une période de transition permettant aux entreprises de s’adapter aux nouvelles réglementations et à infrastructures douanières de se mettre en place. Sur ce point, la WSTA a insisté pour dire qu’elle travaillait main dans la main avec le CEEV ainsi que Spirits Europe de manière à défendre un point de vue identique. « Nous cherchons à ce que tous les opérateurs du vin de l’Union européenne tiennent le même discours auprès de leur gouvernement ». En France, le message est bien passé : Jean-Marie Barillère, président du CNIV, a martelé la nécessité de ménager une période de transition avant le Brexit auprès de tous les hommes politiques passés sur le Pavillon du vin lors du Salon de l’Agriculture.

Vers de nouvelles alliances

Voilà pour l’organisation du lobbying européen. Mais la WSTA veut également ouvrir des marchés. « Nous souhaitons que le gouvernement agisse pour favoriser le libre-échange avec les pays producteurs de vin non-membre de l’Union européenne ». L’association voudrait notamment négocier au sein du World wine trade group qui comprend les USA, l’Afrique du Sud, le Chili, la Nouvelle-Zélande, l’Argentine et le Canada. « Nous souhaiterions développer un accord moderne sur le vin » explique Miles Beale.

Ce travail apparaît vital pour l’équilibre économique de l'industrie anglaise du vin. En effet, avec la dévaluation de la livre, les vins du Nouveau Monde, dont la majorité occupe l’entrée de gamme des linéaires britanniques, se renchérissent. Or comme le rappelle Miles Beale, le marché britannique est très sensible aux prix. Le résultat est une baisse de la consommation. L’autre raison pour laquelle les britanniques souhaitent un accord avec les pays membres du WWTG est qu’ils pensent qu’une des voies de salut est de développer l’activité export de la Grande-Bretagne. Ils pensent qu’il y a sans doute une place à prendre pour réexporter vers l’Union européenne des vins du Nouveau Monde entrées sur le sol britannique dédouané. La Grande-Bretagne pourrait alors concurrencer les Pays-Bas dans son activité de plateforme commerciale de vin. Et la France, qui fait ses premiers pas en ré-exportation de vin, pourrait être vite dépassée...

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