LE FIL

Vague de gel 2017

20 000 hectares touchés dans l'Hérault

Mardi 25 avril 2017 par Michèle Trévoux

Jérome Despey, président de la Chambre d'agriculture de l'Hérault, dresse le constat des dégâts portés par le gel.Jérome Despey, président de la Chambre d'agriculture de l'Hérault, dresse le constat des dégâts portés par le gel. - crédit photo : Michèle Trévoux
La viticulture héraultaise a été sévèrement touchée par le gel. Près de 20 000 ha sont impactés. La chambre d’agriculture a convié les élus à constater les dégâts sur le terrain le 24 avril.

« On n’avait pas besoin de ça ! ». Ce lundi 24 avril, à la cave coopérative les Costières de Pomerols. Jérôme Despey, président de la chambre d’Agriculture de l’Hérault, a exprimé tout le désarroi de la profession face à l’épisode de gel qui a décimé une partie du vignoble héraultais. Après la sécheresse de l’an dernier, la grêle sur le Pic Saint Loup, la tension sur les marchés avec l’arrivage massif des vins espagnols, c’est un nouveau coup dur pour les viticulteurs du département. Selon les premiers recensements, plus de 50 communes ont été touchées dans le Minervois, l’Ouest biterrois, le Piscénois et le bassin de Thau, la vallée de l’Orb et la basse vallée de l’Hérault. Plus de 20 000 ha de vigne seraient concernés, selon les estimations de la Chambre d’Agriculture, ce qui représenterait une perte d’un million d’hl sur la prochaine récolte du département.  Le gel s’est produit dans les nuits du 19 et 20 avril, au cours desquelles les températures ont pu chuter jusqu’à -3 °C dans les secteurs les plus gélifs (bords de rivières, bas-fonds..), mais des dégâts ont également été constatés en situation de plaines et de coteaux.

C’est une catastrophe"

Ce lundi, lors d’une rencontre organisée par la chambre d’agriculture en présence des élus,  le visage fermé des directeurs et présidents de cave en dit long sur leurs inquiétudes. « C’est une catastrophe. Nous avons été inondés en 2014, en 2015, nous avons été grêlés et cette année, le gel a ravagé la moitié de notre vignoble. Sur les 300 ha de la cave, 150 sont touchés dont une centaine d’ha très sévèrement. Nos frais de vinification vont exploser et avec des cours à 80 €/hl, c’est l’avenir de la cave qui est en jeu », s’inquiète Philippe Coste, président de la cave d’Hérépian. Les caves coopératives du Picpoul de Pinet, sont elles aussi fortement impactées. A Montagnac et Pomérols, les présidents estiment à 300 ha les surfaces impactées. « Ce sont les vignes les plus fructifères, situées dans les bas-fonds qui sont touchées. On risque de perdre 30 000 hl », confie Christian Boineau, le président de Montagnac.

"Je n’avais jamais vu ça"

Au domaine Reine Juliette à Castelnau de Guers, Marion Alliès, qui exploite un vignoble de 40 ha avec son frère Guillaume, déplore la perte de la moitié de sa récolte. « Nous avons 20 ha qui ont été raclés. Nous étions assurés pour la grêle, mais pas pour le gel ». Guy Bascou, président de l’AOC Picpoul de Pinet, confirme l’ampleur de la gelée. « Je n’avais jamais vu ça. Nous avons des dégâts sur 500 ha dans l’aire d’appellation, cela peut représenter 5 à 6 000 hl de moins pour notre appellation. Sur le reste du vignoble, on observe un bon niveau de récolte. Nous allons demander de porter exceptionnellement notre rendement à 66hl/ha pour compenser cette perte et permettre d’alimenter nos marchés ». 

Nécessité de s'assurer

Conviés à l’invitation de la Chambre d’Agriculture, les élus ont assurés la profession de leur soutien. Comme ils l’ont fait suite à la grêle au Pic Saint Loup, Région et Département ont promis de « trouver des solutions pour apporter leur aide aux viticulteurs sinistrés ». Des dégrèvements de taxe sur le foncier non bâti et de prises en charge des cotisations sociales vont être demandées par la cellule de crise mise en place par la chambre d’agriculture.  Responsables professionnels, administration et élus ont néanmoins réaffirmé la nécessité pour les viticulteurs de s’assurer contre ces risques climatiques. « Combien de récoltes va-t-on perdre avant que l’assurance-récolte se généralise ? Le gel comme la grêle sont des dommages assurables et donc non couverts par les calamités agricoles. Au même titre que l’assurance auto ou habitation, l’assurance récolte est indispensable et doit faire partie des frais d’exploitation », ont-ils plaidé.

 

Vitisphere met en place une carte collaborative pour rencenser les dégâts. Pour saisir ses dommages, c'est par ici.

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Wayne McLaughlin Le 25 avril 2017 à 21:32:19
De tout coeur avec les vignerons frapés par le gèle mais carton rouge à ceux qui détruisent les vins importés. Travaillant beaucoup à l'export je souhaite aux "vignerons" agissant ainsi que leurs vins ne subissent pas le même sort à Beijing ou Shanghai. Même chose en Amérique du Nord, en Australie... et tous les pays producteurs du monde qui reçoivent grandement nos productions françaises. Heureusement le monde n'est pas peuplé de sinistres incultes enfermés sur eux-mêmes (qui certainement n'achètent que des produits français d'ailleurs par solidarité avec leurs collègues travailleurs hexagonaux produisant des voitures, du linge de maison et des meubles bien de chez nous). Buvez-le votre vin car apparemment vous ne savez pas le vendre! Ce qui est déloyable c'est vous, pas la concurrence. Et avant de parler de la déloyauté des vins espagnols ils devraient savoir comment se passent les contrôles administratifs là bas. On voit bien qu'ils n'y connaissent rien car en Espagne ce point est bien plus pesant et contraignant qu'en France et sans jeter de pavé dans la marre il ne ferait pas bon pour bien des propriétés du Sud de recevoir la visite de l'équivalent de la DGCCRF espagnole! Je me garderais bien de donner des exemples de pratiques car j'entends déjà les cris d'orfraie des Pères La Vertue. Bon courage aux vignerons courageux et besogneux et que les autres arrête de mettre en plus du discrédit sur leurs épaules déjà bien chargées. Wayne McLaughlin
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