LE FIL

2016, annus horribilis

La Bourgogne viticole « sur la corde raide »

Mardi 14 mars 2017 par Cédric Michelin

La récolte 2016 s’établit à 1,22 million d’hectolitres où plutôt 1,1 million d’hl si l’on exclut les 100.000 hl provenant du département du Rhône, soit une baisse de 20 % par rapport à la moyenne décennale (1,5 Mhl). La récolte 2016 s’établit à 1,22 million d’hectolitres où plutôt 1,1 million d’hl si l’on exclut les 100.000 hl provenant du département du Rhône, soit une baisse de 20 % par rapport à la moyenne décennale (1,5 Mhl). - crédit photo : Cédric Michelin
Jean-Michel Aubinel, président de la CAVB, a fait le point sur la récolte bourguignonne le 13 mars. Il a mis l’accent sur l’hétérogénéité d’une récolte qui perd 20 % de volume par rapport à la moyenne quinquenale.

Présentant les chiffres définitifs de la récolte 2016 devant la Préfète de Région et ses services agricoles, la Confédération des appellations et vignerons de Bourgogne a rappelé – ce 13 mars à Pernand-Vergelesses - le « paradoxe » bourguignon actuel, communiquant d’un côté pour « rassurer ses marchés » tout en devant « trouver des solutions pour les Domaines touchés de façon dramatique par les aléas climatiques », a expliqué Jean-Michel Aubinel, président de la CAVB.

Une baisse de 20 % des volumes

La récolte 2016 s’établit à 1,22 million d’hectolitres où plutôt 1,1 million d’hl si l’on exclut les 100.000 hl provenant du département du Rhône, soit une baisse de 20 % par rapport à la moyenne décennale (1,5 Mhl). Derrière se cache surtout de fortes disparités selon les vignobles. Que ce soit pour le chablisien par exemple, finissant avec une baisse de 47 % où sur le secteur de la Côte de Beaune, avec de nombreuses parcelles « à 0 hl » alors qu’à quelques kilomètres seulement, sur la Côte Chalonnaise ou le Nord Mâconnais, « des murs de raisins » permettaient parfois de constituer des VCI. La situation est particulièrement préoccupante pour le sud Mâconnais (grêle), le Nord de Beaune (gel) ou le Sud de Beaune (gel, grêle). Dans ces zones, nombre d’exploitations viticoles sont sur « la corde raide », après la succession pour certains de récoltes déficitaires, en 2012, 2013, 2014, 2016 et même parfois 2015 « avec des vignes fatiguées ».

Nécessité de mesures d’aides supplémentaires

Après avoir rappelé les aides et soutiens obtenus, la CAVB a réitéré ses demandes pour des mesures supplémentaires, adaptées notamment au mode de commercialisation. « Nos problèmes vont arriver en 2018-2019 pour ceux vendant en bouteilles. La récolte 2017 sera cruciale pour tous les secteurs touchés en 2016 », a expliqué Christophe Ferrari, président adjoint de la CAVB.

La préfète de Région, Christiane Barret le sait, citant par exemple le dispositif de chômage partiel, demandé par 72 établissements, pour 331 ETP, pour un total de 122.000 heures autorisées mais seulement 32.000 h consommées cette année en raison de ce « décalage ». Les trésoreries vont donc se tendre à l’avenir.

Les règles juridiques ou fiscales ne sont pas seules en cause. Alors que l’expérimentation des Volumes complémentaires individuels à Chablis autorisait initialement de conditionner en bouteilles ces VCI, l’INAO « bloque » dorénavant cette possibilité, déplorait Jean-Michel Aubinel.

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