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Elections 2017

Vin et Société fait l’article de la consommation avec modération

Jeudi 23 février 2017 par Alexandre Abellan

Au cœur du débat, les repères consommation sont : deux verres maximum par jour pour les femmes, trois verres/jour pour les hommes, pas plus de quatre verres en une occasion et un jour sans alcool chaque semaine. Vin & Société
Au cœur du débat, les repères consommation sont : deux verres maximum par jour pour les femmes, trois verres/jour pour les hommes, pas plus de quatre verres en une occasion et un jour sans alcool chaque semaine. Vin & Société - crédit photo : Vin et Société
S’adressant aux candidats à la présidentielle et aux législatives, l’association fait le tour de tous les dossiers aux allures de serpents de mer qui lui font craindre un prochain virage prohibitionniste des politiques de santé.

Agrandissement du logo femme enceinte, création d’une fiscalité comportementale, durcissement de l’encadrement de la publicité et remise en question des repères de consommation : ce sont les quatre points qui inquiètent Vin et Société, et qui sont au cœur de son interpellation aux candidats des prochaines échéances électorales françaises. Pour l’association, il s’agit d’un ensemble de « mesures préoccupantes, visant directement le vin et portant préjudice à notre patrimoine économique et culturel. Sans répondre pour autant aux véritables enjeux de santé publique. »

Sujet brûlant, le grossissement du logo femme enceinte sur les étiquettes fait office de casus belli pour la filière, qui craint une décision unilatérale du ministère de la Santé. Prônant évidemment l’abstinence pour lutter contre l’alcoolisation fœtale, Vin et Société privilégie « la prévention, en s’appuyant notamment sur l’ensemble du personnel médical au contact des populations à risque (médecins généralistes, sages-femmes, anesthésistes, etc) ».

2.3.4.0

Vielle lune revenant depuis des années dans les lobbies hygiénistes, la mise en place d’une fiscalité comportementale est d’emblée jugée inadaptée par Vin et Société. Arguant que les hausses de taxes n’ont pas d’effet avéré sur la consommation des boissons alcoolisées, l’association prône toujours des « politiques de prévention et de promotion d’une consommation responsable permettent de lutter contre les comportements excessifs ».

Pour promouvoir cette approche modérée, Vin et Société souhaite pouvoir s’appuyer sur les repères de consommation précédemment mis en avant par les autorités sanitaires. Mis en avant dans sa campagne de décembre 2015 (Le Vin. Je l’aime, je le respecte), les repères de consommation « 2.3.4.0 » ont conduit à leur mise à l’index par certaines institutions de référence. Un groupe d’expert évalue actuellement leur bien-fondé et si les conclusions sont attendues au premier trimestre 2017, Vin et Société craint que n’émerge la position du « moins c’est mieux ». Un mantra auquel l’association rétorque : « il ne faut pas lutter contre toute forme de consommation mais combattre l’abus sous toutes ses formes ».

"La loi Evin n'a pas eu les conséquences attendues"

Inévitable dès lors qu’il est question de vin en France, le durcissement de la loi Evin revient cycliquement dans les couloirs du ministère de la Santé. Soulignant que depuis 1991 « cet encadrement n’a pas eu les conséquences attendues sur les consommations à risque (les épisodes d’ivresse sont en augmentation chez les jeunes, qui consomment très peu de vin) », Vin et Société estime que la clarification obtenue en 2015 doit être maintenue.

Reste désormais aux candidats de faire le point sur leurs positions. Et de les comparer à celles prises auprès de l’Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie (ANPAA).

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