LE FIL

Millésime Bio

Satisfecit pour la réunion de la famille bio à Marseille

Jeudi 02 février 2017 par Alexandre Abellan

Ayant investi pour la première fois les 14 000 mètres carrés du Palais Phocéen (Parc Chanot), Millésime Bio a surtout essuyé deux critiques logistiques : la lenteur des fouilles aux entrées et des braseros un peu trop chauffant.Ayant investi pour la première fois les 14 000 mètres carrés du Palais Phocéen (Parc Chanot), Millésime Bio a surtout essuyé deux critiques logistiques : la lenteur des fouilles aux entrées et des braseros un peu trop chauffant. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Kermesse des viticultures alternatives, le « mondial du vin bio » a accueilli 902 producteurs et 4 850 visiteurs uniques pour sa première édition délocalisée à Marseille.

Peu importe le parc des expositions, pourvu qu’il y ait la liesse. Ayant quitté Montpellier pour Marseille, le salon Millésime Bio peut se flatter d’avoir été suivi par ses habitués. « Que ce soit à Marseille ou à Montpellier, cela ne change rien. L’organisation suit, tout comme nos clients spécialisés dans le bio ! » résume José Tirado, le responsable export des vignobles chiliens Emiliano (qui participait pour la sixième fois au salon).

Du 30 janvier au premier février derniers, la vingt-quatrième édition du salon mondial des vins bio a ainsi réuni 902 producteurs et 4 850 visiteurs uniques (respectivement +3 et +8 % par rapport à 2015). Même bouleversé dans son lieu, le salon reste donc un incontournable, comme en témoigne la liste d’attente de ses exposants. Dans leur communiqué de clôture, les organisateurs se félicitent surtout d’enregistrer une hausse de 20 % des visiteurs étrangers. La proximité de l’aéroport international de Marseille ayant pu jouer (comme la fermeture de Vinisud à Montpellier le mardi 31 janvier, ayant permis à des visiteurs de passer par Millésime Bio, avant de prendre leur avion).

Palais Phocéen

Salon de parti pris, Millésime Bio sait séduire en ne changeant pas d’un iota sa recette : un alignement de nappes blanches, une répartition aléatoire des exposants, tous 100 % certifiés bio*, avec un numerus clausus… Avec la délocalisation pour Marseille, la nouveauté du salon 2017 aura été le passage de quatre à deux halls. La réunion dans un seul hall de tous les exposants a particulièrement densifié l’impression de foule. Les exposants satisfaits ne peuvent plus se sentir relégués au fond du salon.

Mais cette concentration ne rend que plus visible la massification de l’évènement regrettent certains exposants habitués (qui étaient des premières éditions, à Narbonne). Pour les acheteurs, ce choix de plus en plus pléthorique permet à la fois d’ouvrir le choix des possibles, mais donne moins de temps à la découverte. Nombreux sont ceux qui confient souhaiter plus de temps pour faire le tour, mais bien peu de visiteurs, et encore moins d’exposants, souhaitent un allongement de la durée du salon.

"Le bio à moitié, ça n’existe pas !"

Tenant de la réunion de la famille des vins bio (des patriarches producteurs aux jeunes cavistes), Millésime Bio n’en reste pas moins encadré par des règles très strictes de son organisateur, SudVinBio. Gardien du temple, son président, Patrick Guiraud, martèle son mantra sans craindre l’intransigeance : « la bio, c’est un parcours qu’il faut accompagner et expliquer, techniquement et économiquement. Les contraintes sont la base de notre réussite, il ne peut pas y avoir de compromis pour notre identité. » Renvoyant toute main tendue par Vinisud, du moins tant que les dates se superposeront, le vigneron gardois explique ne pas chercher du business pour l’organisateur du salon, mais pour les exposants. Lui-même se flattant de réaliser 20 % de son chiffre d’affaires sur le salon.

« Vinisud est une vitrine de nos appellations, qui permet de fédérer, à Millésime Bio, on est sur la valeur de la biologie » tempère le vigneron le vigneron Virgile Joly, qui exposait aux deux salons et se dit pareillement satisfait des deux. Sauf nouvelle péripétie, le prochain Millésime Bio se tiendra à nouveau à Marseille. Comme l’annonçaient les organisateurs en clôture : « à l’an prochain pour un salon toujours indépendant, par les bio, pour les bio ! »

 

* : Sous couvert d’anonymat, des auditeurs vérifient que tous les vins proposés aux visiteurs sont bien certifiés bio. Tout service de vin en conversion est sanctionné par exclusion trois ans du salon

Tendances

Au-delà de la certification bio, qui est la norme à Millésime Bio, les allées bruissaient de demandes toujours plus émergentes, désormais déclinées par des opérateurs tout sauf alternatifs. En témoigne la tendance des vins sans sulfites (comme à la Cave de Tain) ou du vin nature (comme avec Jeanjean). Les exposants ont également souvent reçu des demandes de vins « vegan » (ou végétaliens, c’est à dire sans utilisation de colle animale).

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2019 - Tout droit réservé