LE FIL

Comptes de l'agriculture 2015

Un résultat élevé des exploitations viticoles mais de très grandes disparités

Vendredi 16 décembre 2016 par Juliette Cassagnes

Les résultats économiques des exploitations viticoles pour l'année 2015 sont en hausse et l'endettement en diminution
Les résultats économiques des exploitations viticoles pour l'année 2015 sont en hausse et l'endettement en diminution - crédit photo : site www.arguirose-expert-comptable.fr
Le ministère de l'agriculture a publié les comptes de l'agriculture pour l'année précédente, 2015. Comme l'an dernier, les exploitations viticoles sont celles, parmi toutes les productions, qui dégagent les résultats les plus élevés.

Selon le rapport présenté à la Commission des comptes de l'agriculture ce mardi 13 décembre 2016, le résultat économique (EBE) moyen des exploitations viticoles s'élève pour 2015 à 96 300 €, en hausse de 4 % par rapport à 2014. « Elles ont bénéficié de l'évolution favorable du prix des vins », précise le bulletin Agreste.

Leur résultat courant avant impôt par actif non salarié (RCAI) est lui aussi en hausse, de 4 %, et s'établit en moyenne à 51 700 €. Elles connaissent donc deux années successives d'augmentation de leur résultat courant (voir graphique).

"Des résultats très dispersés"

La viticulture reste donc toujours la production qui dégage les plus hauts revenus, loin devant les autres. À titre comparatif, le résultat courant des grandes cultures s'élève pour 2015 à 40 400 €, les fruits et maraîchage à environ 34 000 €, les bovins lait à 19 000 € et les porcins à 13 000 €.

Mais ce résultat élevé, comme c'est souvent le cas lorsqu'il s'agit de moyennes, cache de fortes disparités : « La dispersion du résultat est forte au sein même des orientations, en particulier pour la viticulture et les grandes cultures hors céréales, oléagineux et protéagineux », indique le bulletin Agreste. Même si les écarts diminuent un peu en 2015, le rapport entre le quart des exploitations viticoles qui ont les résultats les plus faibles (inférieurs à 15 600 €) et le quart des entreprises avec le résultat le plus élevé (supérieur à 69 500 €) va tout de même de 1 à 4…

Le bulletin mentionne également une baisse générale des charges sociales (MSA) pour toutes les productions, excepté la viticulture, pour qui le montant se maintient à un niveau très proche de 2014, équivalentes à 15 000 € sur l'année.

Un taux d'endettement faible

Une autre caractéristique  de la viticulture réside dans le poids des emprunts long et moyen termes des exploitations, qui reste faible. Le montant de leurs remboursements ne pèse que 25 % de l'EBE, contre 62 % en élevage porcins, 46 % chez les céréaliers ou 44 % en bovins lait.

À l’inverse des éleveurs porcins qui ont peu de capitaux propres et ont recours à des emprunts, donc un endettement structurellement élevé, les viticulteurs possèdent des capitaux propres importants. « Ils financent majoritairement par ces capitaux leurs immobilisations, constituées en grande partie de foncier et de vins en cours de vieillissement (stocks) ».

Pour 2015, le ministère note aussi un recul important du poids de l'endettement de ces exploitations viticoles, de -28 %, qui s'explique principalement par la hausse de l'EBE.

Graphique : Évolution depuis 1988 du résultat courant avant impôt, par actif non salarié, en viticulture (en milliers d'euros -source bulletin Agreste déc 2016).

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