LE FIL

Matériel végétal

Un levier majeur pour les défis viticoles de demain

Lundi 05 décembre 2016 par Christelle Stef

Ce premier décembre s'est tenue la traditionnelle conférence de l'IFV durant le Vinitech.
Ce premier décembre s'est tenue la traditionnelle conférence de l'IFV durant le Vinitech. - crédit photo : Christelle Stef
Quels cépages et porte-greffes pour s’adapter au réchauffement climatique et à la réduction des traitements ? Tel était l’objet du colloque organisé par l’IFV ce premier décembre dans le cadre du salon Vinitech.

La filière viticole doit relever aujourd’hui deux défis : s’adapter au réchauffement climatique et réduire le recours aux produits phytosanitaires. Or le matériel végétal est un levier majeur pour y répondre. Quels cépages et quels porte-greffes pour demain ? Tel était l’objet de la conférence organisée par l’IFV le 1er décembre dans le cadre du Vinitech. Les chercheurs se sont succédé à la tribune pour présenter les programmes de recherche en cours. Nathalie Ollat, de l’Inra de Bordeaux a ainsi fait un focus sur le programme Greffadapt qui vise à étudier le comportement de 55 porte-greffes (30 issus du catalogue français, les autres provenant de l’étranger) associés à 5 greffons différents (cabernet-sauvignon, grenache, pinot noir, syrah, ugni-blanc).

« Aujourd’hui il existe 31 porte-greffes mais cinq seulement  représentent 75 % des plantations. L’offre est grande mais la diversité utilisée est faible. L’une des stratégies d’adaptation serait donc de diversifier l’utilisation des porte-greffes existants à partir d’un pool "étranger" », a expliqué la chercheuse. La parcelle d’étude a été implantée en 2015 et 2016 et il faudra attendre un peu avant d’avoir les premiers résultats.

Etude de 52 cépages

Sa consoeur Agnès Destrac Irvine, qui travaille aussi à l’Inra de Bordeaux, a de son côté présenté le programme Vitadapt qui vise à étudier le comportement de 52 cépages (cépages bordelais, du sud de la France mais aussi cépages espagnols, italiens, grecs, portugais, georgiens...) greffés sur SO4, dans les conditions bordelaises face à l’évolution du climat. Les premiers résultats montrent ainsi qu’il peut y avoir environ 30 jours d’écart pour le stade mi-véraison entre le cépage le plus précoce et le plus tardif. En ce qui concerne le taux de sucre à maturité il oscille entre 200 et 260 g/l selon les cépages.

Laurent Charlier, des services techniques du CIVB a exposé le projet Newvine qui vise à créer des variétés résistantes au mildiou, oïdium et black-rot présentant une typicité bordelaise et adaptées au réchauffement du climat. « L’objectif serait ainsi de déployer 2 à 3 variétés résistantes à l’horizon 2030 », a-t-il expliqué.

"Faire évoluer la réglementation"

« Par rapport à toutes les mutations que nous sommes en train de vivre et aux attentes sociétales, nous devons apporter des solutions concrètes aux viticulteurs », a insisté Bernard Angelras, le président de la commission environnement de l’INAO à la fin du colloque. Mais pour cela, il va falloir faire évoluer la réglementation. « L’Europe ne reconnaît que Vitis vinifera », a-t-il rappelé. Il a également insisté sur la nécessité de faire évoluer les cahiers des charges dans les AOC pour que les viticulteurs puissent expérimenter les cépages résistants, ceux oubliés ou provenant d’autres régions. Un autre défi pour les responsables professionnels. 

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