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Les défis du vin français dans les pays de l’Est

Mercredi 19 octobre 2016 par Emilie-Anne Jodier
Article mis à jour le 20/10/2016 17:26:57

Anne-Sophie Hottiaux, de la Sopexa.Anne-Sophie Hottiaux, de la Sopexa. - crédit photo : E.-A. JODIER
Le Sial, salon international de l’industrie agroalimentaire, a été l’occasion pour Sopexa de décrypter le marché des pays de l’Est. Une zone en plein essor où il peut être judicieux de se positionner dès maintenant.

Des Etats baltes jusqu’à la Hongrie, le vin français peut gagner en part de marché. C’est en tout cas la conviction d’Anne-Sophie Hottiaux, de Sopexa, basée en Allemagne depuis de nombreuses années. « Nos vins bénéficient d’une image traditionnelle, qui peut être tout à fait adaptée à des marchés tournés vers la consommation classique de vin, comme  la Slovaquie ou la République Tchèque, explique-t-elle. En parallèle, d’autres pays seront plus sensibles aux innovations, notamment au niveau du packaging, comme la Hongrie par exemple. »

 

Marché lituanien prometteur

 

Les pays de l’Est restent à conquérir : la consommation d’alcool a longtemps été dominée par la bière ou les alcools  forts, mais le vin fait petit à petit son entrée, notamment grâce aux jeunes. « Ce sont des consommateurs qui souhaitent découvrir de nouveaux produits et qui sont très attirés par l’Europ occidentale et son mode de vie », analyse l’experte.

La Lituanie en particulier semble être un marché prometteur, même si la consommation de vin y est pour l’instant anecdotique (0,13% de la consommation mondiale…). « Le pays n’est pas producteur de vin, les consommateurs sont donc très demandeurs de nouveauté. Il n’y a pas de culture du vin mais la demande pour des produits de qualité permet d’imaginer que les vins français, déjà troisième fournisseurs en volume des 85 millions de litres importés en 2015, ont toutes les chances de se positionner sur le segment premium. »

Le marché du vin va connaître une belle croissance dans les années à venir, promet Anne-Sophie Hottiaux, grâce à l’augmentation de pouvoir d’achat des lituaniens mais aussi grâce à leur intérêt pour la culture occidentale.

 

Mieux communiquer en Pologne

 

En Pologne aussi, les perspectives sont encourageantes, avec un marché du vin en valeur qui a augmenté de plus de 23% entre 2010 et 2014. « C’est un marché qui suit les tendances européennes, avec une progression de la consommation de rosé et de vins blancs, notamment à l’apéritif, et un engouement pour les bulles », précise Anne-Sophie Hottiaux qui ne cache pas la présence concurrentielle du prosecco.

En Pologne, 95% des vins achetés se situent sous la barre des 12 euros. Les vins français ont beau être présents sur tous les réseaux de distribution, largement dominés par la grande distribution (35% du marché) mais surtout par les enseignes discount (46%), ils ne bénéficient pas de suffisamment de campagne de promotion. « La concurrence est très vive en Pologne, les vins italiens et allemands y sont très offensifs. Le vin français va devoir s’investir dans une meilleure communication. »

Auréolé d’une image qualitative et traditionnelle, le vin français a toutes ses chances pour s’implanter à l’Est, à condition de savoir où aller. « L’Estonie par exemple est très ouverte aux vins du nouveau monde et aux vins de cépages tandis que la République Tchèque apprécie la consommation traditionnelle du vin : les capsules à vis par exemple y sont très mal vues. » Chacun devrait donc pouvoir y trouver sa place.

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