LE FIL

Hubert de Boüard

"Et pourquoi Bordeaux ne pourrait pas demander de dérogations pour irriguer ?"

Vendredi 23 septembre 2016 par Alexandre Abellan

Face à un climat semblant de plus en plus désorganisé, le membre de l’INAO se dit ouvert aux demandes dérogatoires d’Organisme de Défense et de Gestion.
Face à un climat semblant de plus en plus désorganisé, le membre de l’INAO se dit ouvert aux demandes dérogatoires d’Organisme de Défense et de Gestion. - crédit photo : Château La Fleur de Boüard
Voyant dans l’irrigation un moyen d’accompagner le vignoble, le président du CRINAO laisse ouverte la porte aux dérogations motivées par les situations locales (jeunes vignes et terroirs asséchants).

Après un premier semestre pluvieux, le vignoble bordelais vient de subir un été aussi torride que sec. Entre blocages de maturité et défoliations, les jeunes vignes et terroirs asséchants ont souffert durant ce millésime, ce qui ouvre logiquement la question de l’irrigation. « Si ce type de climat se répète, ce serait suicidaire de ne pas envisager cet outil » estime ainsi Hubert de Boüard, répondant au grand reporter César Compadre (Sud-Ouest), qui voit dans l'irrigation le sujet du millésime.

Copropriétaire du château Angélus (premier grand cru classé A de Saint-Emilion) et consultant dans le vignoble (français et étranger), Hubert de Boüard est également le président du Comité Régional de l’Institut National de l’Origine et de la Qualité (CRINAO) et membre du Comité National de l’INAO. Il précise à Vitisphere que « le sujet n’est pas totalement nouveau. Il a déjà été abordé sur l’année compliquée de 2003, et même l’an dernier. Une appellation prestigieuse, Pessac-Léognan, avait fait une demande de dérogation. Qui a été autorisée, mais non utilisée, des pluies ayant suivi. »

"On n’est plus sur de l’irrigation type maïs"

Si en France l'irrigation est interdite dans le vignoble AOC après le 15 août, elle peut en effet être autorisée sur demande de dérogation d'un ODG, dans le cadre du réglement communautaire. Et de son expérience de consultant international, Hubert de Boüard tire le constat que l’irrigation moderne doit être vue comme un outil qualitatif. « Il n’y a pas de corrélation entre l’irrigation et la surproduction ou des qualités moyennes » souligne-t-il. « Je ne vois pas pourquoi Bordeaux ne pourrait pas demander des dérogations à la demande des ODG. Notamment dans un premier temps pour les jeunes vignes qui sont en train de s’installer. On n’a pas le droit de les laisser dépérir. »
 

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