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Vignoble de Seyssuel
La petite IGP qui a de grandes ambitions

L'association Vitis Vienna, qui représente une douzaine de producteurs cultivant des vignes en IGP Collines rhodanienne près de Vienne, a entamé des démarches auprès de l'Inao en vue d'obtenir l'appellation Côtes du Rhône. Une première étape censée les conduire à l'obtention de leur propre AOC pour devenir un cru à part entière de la vallée du Rhône septentrionale.
Par Juliette Cassagnes Le 10 juin 2016
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La petite IGP qui a de grandes ambitions
Yves Cuilleron est l'un des trois vignerons qui ont décidé de faire revivre le vignoble de Seyssuel en 1996 - crédit photo : JC
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e vignoble de Seyssuel, localisé sur la rive gauche du Rhône à hauteur de Vienne, a de grandes ambitions et les affiche : « Notre objectif à terme : devenir le neuvième cru de la vallée du Rhône septentrionale », déclare Yves Cuilleron, vigneron et vice-président de l’association Vitis Vienna, qui regroupe la douzaine de viticulteurs actuellement présents dans ce vignoble classé en IGP Collines rhodaniennes. « Notre dossier est bon ; nous avons un terroir homogène et une identité forte qui s’appuie sur de l’histoire ancienne », poursuit-il.

Pour parvenir à cet objectif, l’association a déposé, il y a quelques années, un dossier auprès de l’Inao en vue de décrocher l’AOC Côtes du Rhône. Dès son obtention, qu’elle espère pour la récolte 2017, une nouvelle demande sera formulée pour obtenir, cette fois, la mention « village ». Enfin, ultime étape, une procédure pour décrocher le Graal suprême : le passage en cru.

Une étude pédologique et géologique, conduite en 2015, a permis de définir les limites de la future appellation. La surface potentielle représenterait 150 hectares maximum, localisée sur trois communes : Chasse-sur-Rhône, Seyssuel et Vienne. « À terme, nous resterons donc un petit vignoble, type Cornas ou Condrieu. » À ce jour, le vignoble compte environ 40 hectares, plantés en syrah et viognier, dont beaucoup de jeunes vignes, conduites en échalas.

Le nom de la future appellation n’est, en revanche, pas encore tranché. Pour les aider dans leur choix, les vignerons ont décidé de faire appel à une agence de communication. Celle-ci doit leur faire des propositions qui conviennent à tout le monde.

La renaissance d’un vignoble ancien

Très ancien mais décimé par le phylloxéra à la fin du XIXe siècle, ce petit vignoble a été redécouvert récemment, en 1996, grâce à l’initiative de trois vignerons : Pierre Gaillard, François Villard et Yves Cuilleron. Ils ont eu tout de suite « le coup de foudre » pour ce terroir, exposé sud, en coteaux, situés entre 150 et 350 mètres d’altitude, implanté sur des schistes, « les mêmes que ceux du vignoble d’en face, la Côte-Rôtie ». « Il ne s’agit pas d’une création mais bien d’une renaissance, par la remise en culture d’un ancien vignoble, insiste Yves Cuilleron, pour justifier la légitimité de cette démarche. C’était un projet osé au départ de faire renaître un vignoble sans appellation », reconnaît aussi celui-ci.

Progressivement, de nouveaux viticulteurs sont arrivés et ont investi dans de nouvelles plantations. Et, en 2004, l’association de défense du vignoble Vitis Vienna, qui les fédère, a vu le jour ; elle comptait alors huit vignerons. Dix ans plus tard, ils sont une douzaine à s’y être implanté, dont un certain Michel Chapoutier… Un nombre qui continue de croître petit à petit.

Le vignoble de Seyssuel, Vienne et Chasse-sur-Rhône se cherche un nom… (CR : OT Vienne) :

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