LE FIL

Cité du vin

Les anti-phytos défendent une manifestation utile, y compris pour la filière

Vendredi 27 mai 2016 par Alexandre Abellan

Coup d'éclat avant le die-in du 31 mai : la projection lumineuse ce 24 mai d'un message « stop pesticides » sur la façade de la Cité du vin.
Coup d'éclat avant le die-in du 31 mai : la projection lumineuse ce 24 mai d'un message « stop pesticides » sur la façade de la Cité du vin. - crédit photo : Kami/About Light And Men
En créant une « zone de crime aux pesticides », ce mouvement contestataire passe pour les trouble-fête de l’inauguration présidentielle à venir. Pas si simple à en croire ces dissidents.

« Manifester lors de l’inauguration de la Cité du Vin, c’est un tremplin d’interpellation pour lancer le débat public. Mais on ne va ni bloquer, ni perturber l’évènement » pose d’emblée Romain Porcheron (association des Amis de la Terre Gironde). Réuni en conférence de presse ce 26 mai, à la librairie La Zone du Dehors (Bordeaux), le collectif girondin anti-phyto* tenait à lever toute ambiguïté sur le die-in annoncé pour l’inauguration présidentielle de la Cité du Vin.

Se définissant comme « une action de désobéissance civile non-violente », cette simulation de mort collective se déroulera sans demande d'autorisation de la préfecture ce 31 mai (de 12 à 14 heures). A défaut, les organisateurs étudient de nombreux lieux pour pouvoir s’adapter aux mesures de sécurité sur le moment. « On a le droit de porter ce message par la désobéissance. Ce n’est pas être un affreux gauchiste barjo que de la faire ! » lance Romain Porcheron, qui appelle « le grand public à nous rejoindre. Nous sommes tous concernés, du vigneron au riverain. »

Le changement, c’est maintenant

Les organisateurs estiment en effet agir non seulement au nom de la société civile, mais aussi dans l’intérêt de la viticulture. Ils ne demandent ainsi pas l’arrêt de la production de vin, mais son passage à une production durable. Si ces activistes appellent à une table ronde avec les représentants de la filière bordelaise, ils sont cependant dans un rejet aussi critique que massif de toutes les initiatives agroécologiques du vignoble. Qu’il s’agisse du Système de Management Environnemental ou des recherches sur des cépages résistants du Conseil Interprofessionnel des Vins de Bordeaux.

Demandant des actions concrètes, les activistes vont remettre au chef de l’Etat une liste de doléances pour qu’il prenne une position publique sur les phytos. Parmi les mesures demandées se trouvent de nombreuses obligations réglementaires contraignantes (notamment la communication des plannings d’épandages aux riverains, mais aussi l’arrêt des traitements obligatoires contre la flavescence dorée…).

Mais la demande essentielle de cette interpellation au chef de l’Etat reste le passage à une agriculture sans pesticides. Sachant qu’il faut entendre sans produits phytopharmaceutiques de synthèse. « Le cuivre n’est pas la panacée, mais il n’est pas au même niveau de toxicité que les CMR et perturbateurs endocriniens. Et en l’associant avec des préparations de plantes, on peut diminuer les doses » argumente Cyril Giraud (Générations Futures).

"J’ai aussi quelques idées pour la Fête du Vin…"

Depuis la marche blanche de février, le mouvement anti-phyto se structure, mais il n’a pour l’instant pas de résultats à son actif. « On nous balade » constate amèrement l’activiste Valérie Murat. « Pour être entendus, on en arrive à être obligés de faire des actions visibles fortes pour marquer les esprits et secouer les institutions. » Ce groupement annonce d’ailleurs inscrire son mouvement dans la durée, et imagine déjà de prochaines actions pour la Fête du Vin de Bordeaux (du 23 au 26 juin prochains).

 

* : Les Amis de la Terre Gironde, Les Jeunes Écologistes Bordeaux-Aquitaine, Générations Futures, le Collectif Info Médoc Pesticides, Vigilance OGM 33 et les activistes Marie-Lys Bibeyran et Valérie Murat (toutes deux en procédure judiciaire).
 

 

Quelques membres du collectif girondin anti-phytos, réunis ce 26 mai à Bordeaux (Valérie Murat à gauche, Romain Porcheron à gauche et Cyril Giraud à droite).

Alexandre Abellan (Vitisphere)

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2019 - Tout droit réservé