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Avenir incertain pour Prévigrêle
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Protection en danger
Avenir incertain pour Prévigrêle

L’association qui gère le dispositif anti-grêle de la région PACA traverse une crise de financements.
Par Marion Sepeau Ivaldi Le 20 mai 2016
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Avenir incertain pour Prévigrêle
Un générateur anti-grêle qui envoie une solution de iodure d'argent dans les nuages, permettant de réduire la taille des grêlons. - crédit photo : Previgrêle
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oilà trois années de suite que Prévigrêle boucle des comptes en négatif. La raison : l’association a misé sur un modèle de financement à large majorité d’origine publique. Communes, intercommunalités, départements, régions sont les principaux pourvoyeurs de fonds de l’association. Or ces crédits sont de plus en plus menacés. Les communes et les intercommunalités doivent faire des arbitrages dans un contexte budgétaire de plus en plus tendu. Les départements n’ont plus le droit de financer les associations telles que Prévigrêle. « Nous prévoyons une baisse des crédits départementaux de 50 000 euros d’ici 2017 » précise Nicole Chapotin, en charge du réseau Prévigrêle. La coupe budgétaire sera très difficile à amortir pour une association dont le budget annuel s’établit en moyenne à 295 000 euros.

L’association gère 35 générateurs anti-grêles dans les Bouches-du-Rhône, 18 dans le Gard, 7 en Ardèche, 26 dans la Drôme et 73 dans le Vaucluse. « Ces dispositifs ont été installés suite à un grave épisode de grêle en 1994. Les premiers ont été implantés en 1997. Depuis, le constat est clair : le dispositif permet de diminuer la taille des grêlons et de protéger le revenu des agriculteurs et des viticulteurs » martèle Nicole Chapotin. Celle-ci souligne que les générateurs anti-grêle n’ont pas qu’un intérêt en agriculture mais pour tous les habitants car ils protègent également les toitures, les voitures, les vérandas, les jardins…

Le réchauffement climatique implique un maillage plus étroit

Par ailleurs, l’association sait que pour être plus efficace le maillage des générateurs anti-grêle doit encore être renforcé. « Avec le réchauffement climatique, les orages se déplacent plus vite. Il faut davantage d’appareil pour répartir de manière homogène le produit face à des nuages plus rapides » explique Nicole Chapotin. A titre d’exemple, le Vaucluse compte 73 générateurs contre 69 en 2011, 35 générateurs dans les Bouches-du-Rhône contre 21 en 2011. Dans le Gard, il manquerait environ 7 générateurs pour une protection efficace.

Cette nécessité de renforcement du maillage est une pression supplémentaire face aux difficultés financières que traverse l’association. « Nous recherchons des financements auprès des entreprises agricoles comme les caves coopératives » indique Nicole Chapotin. L’association s’inspire ainsi de l’expérience de l’Adelfa de Haute-Garonne (association de gestion de dispositif anti-grêle) qui a fait appel à Airbus pour participer à son financement. Le géant de l’aéronautique versera ainsi 135 000 euros en 2016, après avoir timidement commencé par un chèque de 14 000 euros en 2010.

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