LE FIL

Tech & Bio 2016

Vignerons conventionnels bienvenus

Mercredi 13 avril 2016 par Alexandre Abellan

Présentant la prochaine édition de Tech & Bio ce 12 avril, Pierre Got et Bernard Artigue en appellent à tous les vignerons, conventionnels ou bio, de Cognac ou de Bordeaux, en passant par Bergerac et Duras.
Présentant la prochaine édition de Tech & Bio ce 12 avril, Pierre Got et Bernard Artigue en appellent à tous les vignerons, conventionnels ou bio, de Cognac ou de Bordeaux, en passant par Bergerac et Duras. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Visant en priorité les vignerons bio ou aspirants au bio, l’événement axe clairement sa communication sur l’amélioration des pratiques conventionnelles ; par effet d’émulation plus que d’exemplarité.
« À Tech & Bio, il y a tout sur place pour gérer sa conversion à la viticulture biologique. Mais pas seulement ! Vignerons bio comme traditionnels, nous sommes tous concernés par la viticulture durable », expose Bernard Artigue, qui préside la chambre d’agriculture de Gironde et le comité de pilotage du rendez-vous viticole Tech & Bio. Celui-ci se tiendra cet été dans le vignoble du Libournais et se veut ouvert à tous les publics professionnels. En témoigne le slogan, on ne peut plus explicite, de l’événement : « Objectif viticulture durable : tous concernés, bio et conventionnels ».
 
Boîte à outils transversale
 
Fléché bio, l’événement fait logiquement la part belle à l’accompagnement pour la conversion à cette viticulture. Et lève les interrogations des aspirants bio, qu’elles soient techniques avec des ateliers, tables rondes et démonstrations, ou économiques avec les coûts de production et l’état du marché du vin bio. Pour les certifiés en viticulture biologique, le rendez-vous est l’occasion de faire le point sur les enjeux réglementaires en suspens pour le vignoble bio : réduction probable des doses annuelles de cuivre et gestion de la flavescence dorée.
 
Mais l’essentiel du salon dépasse ce cadre bio. Tech & Bio propose en effet des innovations et des expériences ayant vocation à inspirer tous les acteurs en quête de voies alternatives. Que ce soit pour la gestion des sols et couverts végétaux, la préservation de la qualité de l’eau… « C’est aussi ça Tech & Bio, rassembler l’ensemble des viticulteurs autour de ce qu’ils ont en commun : des produits, des matériels et des idées », s’enthousiasme Bernard Artigue.
 
Dans les pôles articulant le salon, celui sur la protection du vignoble sera sans doute le plus couru. Y seront présentés les derniers matériels de pulvérisation confinée, les produits de traitements alternatifs (notamment issus de la biodynamie), des retours d’expérience sur les cépages résistants aux maladies cryptogamiques, des conseils de réglage de la pression des pneumatiques pour moins tasser ses sols… Un fourre-tout bien technique, loin d’être exclusivement biologique.
Tech & agroéco ?
 
Les organisateurs soulignent que, depuis l’origine, cette approche transversale est inhérente aux journées Tech & Bio. Mais l’événement semble de plus en plus placé sous le signe du développement durable. Ou de l’agroécologie, pour être à l’heure ministérielle. Une ouverture d’autant plus perceptible qu’elle peut répondre aux attentes sociétales actuelles, revendications qui s’affermissent à l’approche de la nouvelle campagne de traitement au vignoble (voir encadré).
 
Mais si l’inspiration technique entre les conventionnels et les bio est un objectif du rendez-vous 2016, il n’y a pas de prosélytisme pour la conversion des premiers. Comme le conclut Bernard Artigue, « tout le monde ne pourra pas passer au bio. En aurait-on les moyens techniques ? Et le consommateur pourrait-il suivre ? Il faut une viticulture plus durable, acceptable par la société et vivable pour le producteur. Le bio peut être une solution. Mais pas seulement. »
 
 
 
Tech & Bio 2016 en pratique
 

Le salon Tech & Bio viti revient cet été au lycée viticole de Montagne à Libourne où il s’était déjà tenu en 2012. Doublant ses ambitions, le rendez-vous viticole se tiendra cette fois pendant deux jours, les 6 et 7 juillet. « Nous visons 4 000 visiteurs pour 100 exposants, avec 40 appareils en démonstration et 20 ateliers techniques », annonce Pierre Got, le directeur de la CA33. L’entrée est gratuite et se fait via une inscription en ligne (cliquer ici pour y accéder).

 

* Lancée en 2011 dans la Drôme, l’initiative Tech & Bio est portée par les chambres d’agriculture (dont c’est une marque déposée). Les années paires, les rendez-vous Tech & Bio se déclinent dans les autres régions agricoles par thématique.

Conseils d’avant-campagne
« Il faut faire preuve de bon sens » indique Bernard Artigue, en guise de conseil à la prochaine campagne de traitements viticoles. « Il faut être vigilants par rapport à l’arrêté qui va être publié. Mais il faut surtout faire preuve de bon sens. Je n’oppose pas bio et conventionnel, mais quand il y a du vent, que vous soyez l’un ou l’autre, il ne faut pas traiter. »

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