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Entre-deux-Mers

Les caves de Rauzan fusionnent avec celle de Nérigean

Jeudi 25 février 2016 par Alexandre Abellan

Roland Fossat, Géralde Reynaud, Denis Baro et Philippe Hébrard présentent ce 24 février  la nouvelle entité des Caves de Rauzan (au Club de la Presse de Bordeaux).
Roland Fossat, Géralde Reynaud, Denis Baro et Philippe Hébrard présentent ce 24 février la nouvelle entité des Caves de Rauzan (au Club de la Presse de Bordeaux). - crédit photo : Rauzan
C'est une nouvelle phase de rapprochement coopératif dans le bordelais : la naissance des caves de Rauzan crée le deuxième producteur AOC de France, un poids qui se veut croissant, et de taille à mieux valoriser le vrac avec le négoce.

Officiellement signé ce 25 février, le traité de fusion entre la cave coopérative de Nérigean et l’Union de Producteurs de Rauzan et Grangeneuve* marque la création d’une nouvelle entité. Tout simplement baptisée caves de Rauzan. Cette signature cérémonialetient de la simple formalité, la fusion ayant déjà été adoptée par les assemblées générales des caves coopératives, le 26 janvier dernier (à 90 % de votes favorables).

Rétroactif au premier septembre 2015, cet accord rassemble sous une même bannière 3 sites de vinification, 3 510 hectares de vigne et une production moyenne de 175 000 hectolitres sur les cinq dernières années (pour un potentiel de production de 190-195 000 hl). Ce qui en fait « le plus gros déclarant du groupe AOC Bordeaux et Entre-deux-Mers » résume Denis Baro, le président de la nouvelle entité (précédemment président de Rauzan-Grangeneuve). Et qui espère bien voir croître encore ces chiffres.

Extensions territoriales et commerciales pour Rauzan

Stratégiquement, les caves de Rauzan soulignent que cette extension leur permet de mieux répartir les risques climatiques (notamment la grêle) et d’accroître leur compétitivité (par amortissement des charges). Mais accueillir et attirer de nouveaux adhérents, « c’est clairement l’objectif de cette fusion, avec un maillage sur le cœur viticole de l’Entre-deux-Mers. Vers Saint-Loubès, Saint-Germain-du-Puch… » énumère Denis Baro. Les caves de Rauzan affichent désormais une zone d’apport recouvrant quasiment tout l’Entre-deux-Mers viticole.

Pour Rauzan-Grangeneuve, cette fusion est également une occasion d’élargissement commercial. Nérigean apporte en effet ses marques et châteaux. Et notamment l’étiquette Le Noble, qui vise un fort développement export, en montant des 30 000 cols actuels à 150-200 000 cols à l’avenir. « On étoffe la gamme pour proposer plus d’exclusivités. Cela donne des opportunités de nouveaux partenaires en Chine, en Russie… » explique Philippe Hébrard, le directeur des caves de Rauzan (jusque-là directeur de Rauzan-Grangeneuve).

"La cave de Nérigean n’est pas allée pleurer à Rauzan"

Si la cave de Nérigean s’est rapprochée de Rauzan, ce n’était pas par difficulté financière, mais pour suivre une stratégie de diversification commerciale. « On avait accueilli de nouveaux adhérents, de nouvelles surfaces et les prix étaient valorisés » explique Roland Fossat, le président de la Cave de Nérigean. Pour appuyer son propos, il souligne que les autres caves coopératives girondines n’étaient pas particulièrement heureuses d’apprendre ce rapprochement : « il y a beaucoup de caves voisines qui nous envoyaient des propositions pendant les pourparlers. »

Si ce beau parti a décidé de passer à une autre échelle, avec Rauzan, c’est à cause des risques de la concentration de sa clientèle. Deux négociants bordelais pesaient à eux seuls pour 85 % des volumes commercialisés par Nérigean (essentiellement en vrac). D'où le rapprochement avec Rauzan, qui se flatte de son indépendance et de sa capacité à valoriser le vrac (qui pèse pour 83 % des volumes commercialisés par l’ensemble). « Il y a deux ans, le groupe Castel ne nous proposait que des prix qui ne nous convenaient pas » illustre Philippe Hébrard. « Ce n'est pas grave, nous avons la capacité de dire que s’il n’y a pas d’accord, il n’y a pas de vente. Et nous ne nous sommes pas fâchés. La preuve, Castel est revenu l’an dernier… »

"Pas de nouvelles fusion à venir… Dans les 6 prochains mois !"

Avec cette fusion entre caves en bonne santé, il n’y a donc pas de licenciements**, mais des investissements, à hauteur de 365 000 euros sur trois ans pour doter le site de Nérigean d’un laboratoire d’analyses, et, peut-être, dans l’adhésion de nouvelle(s) cave(s) à Rauzan. « Nous sommes sollicités, il est possible à l’avenir que le paysage coopératif girondin change encore… » conclut Denis Baro.

 

* : Née en 2008 de fusion des caves coopératives de Rauzan et de Grangeneuve. A noter que Nérigean et Rauzan s’étaient déjà rapprochés en 2011, avec un jeu d’adhésions communes pour accéder à des subventions.

 

** : A noter seulement le départ de Géralde Reynaud, directrice de la Cave de Nérigean qui prend sa retraite au premier mars.

 

Podiums
Avec 130 000 hl traités annuellement, Rauzan réclame le titre de première unité de vinification de vins d'Appellation Origine Protégée en France. Mais avec 165 000 hl en 2015, les caves de Rauzan restent la deuxième cave coopérative AOC de France, derrière les Vignerons de Tutiac, qui ont produit 195 000 hl en 2015. « On verra ce qu’il en sera en 2016 » lance Philippe Hébrard.

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