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Marché des vins bios
L'accroissement du vignoble ne suit pas celui de la consommation

Le salon Millésime Bio lance un appel au développement de la filière bio : le ralentissement des conversions apparaît à contre-courant du développement de la demande. La consommation continue en effet de progresser à un rythme soutenu.
Par Alexandre Abellan Le 26 janvier 2016
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L'accroissement du vignoble ne suit pas celui de la consommation
Au Parc Expo de Montpellier, Patrick Guiraud et Elisabeth Mercier font le portrait des performances et enjeu du vignoble bio. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
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n 2015, le vignoble bio français comptait 5 200 exploitations certifiées (pour 260 nouveaux engagements), pour 67 300 hectares engagés (+3 % par rapport à 2014). S’il n’y a pas de régression, « il y a un mouvement d’engagement plus modéré » reconnaît Elisabeth Mercier, la directrice de l’Agence Bio, lors d’une conférence au salon Millésime Bio. La hausse est particulièrement modeste comparée à la période 2009-2010, quand « la viticulture se distinguait dans la dynamique agricole nationale avec des surfaces en conversion supérieures à celles converties » se rappelle Elisabeth Mercier (la consommation et la production française de vin bio a triplé entre 2007 et 2014).

Ce développement est surtout modeste par rapport à celui de la consommation domestique, qui aurait bondi depuis 2007 de 15 %, selon les dernières estimations de l’Agence Bio. Sachant que plus de la moitié des vins bio domestiques sont consommés nationalement (56 % en 2014), ce décrochage fait office d’alarme. « Notre challenge, c’est de répondre durablement à la demande des consommateurs » confirme le vigneron Patrick Guiraud (président du salon Millésime Bio). Avec le délai de trois ans de conversion, cet objectif se pilote donc dès maintenant : « actuellement, les domaines en conversion vont assurer le développement annuel des surfaces en bio (+5 % pour 2016). Mais pour la suite, le ralentissement du nombre de nouveaux entrants remet en question l'équilibre» explique-t-il. Et c'est en 2019, que l'apport des surfaces convertis ne sera plus suffisant pour assurer un équilibre entre les surfaces et la consommation. Pour inciter à la conversion, il parie notamment sur le développement d'outils d'ingénierie facilitant le changement des pratiques culturales. Un enjeu qui sera sans nul doute au coeur de la prospective 2020 actuellement construite par France Vin Bio.

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