LE FIL

Crémants de Bordeaux

Céline Lannoye reprend la maison Ballarin

Vendredi 18 décembre 2015 par Alexandre Abellan

Caves souterraines de prise de mousse des Crémants Ballarin à Haux
Caves souterraines de prise de mousse des Crémants Ballarin à Haux - crédit photo : Crémants Jean-Louis Ballarin
Premier metteur en marché de l’AOC Crémant de Bordeaux, la maison familiale Ballarin vient de rejoindre la galaxie des Vignobles Lannoye.

Troisième génération d’élaborateurs traditionnels, Jean-Louis Ballarin a cédé en août dernier sa société familiale de production de crémants à trois actionnaires : Céline Lannoye, qui en est devenue la directrice, Frédéric Costella, qui prendra ses fonctions en janvier 2016, et une entreprise foncière appartenant à Françoise et Philippe Lannoye (voir encadré). « J’avais pour projet de monter une structure transversale dans le vin, de la production à la commercialisation », se rappelle Céline Lannoye, « quand cette opportunité de racheter la maison Ballarin s’est présentée, j’ai été emballée ! »

Commercialisant un peu moins de 1,4 million de cols par an, la maison Ballarin est un poids lourd de la jeune AOC Crémant de Bordeaux. Elle compte le rester en développant son activité de négoce – la transaction ne concerne que l’outil de production, les 40 hectares de vignes historiquement associées à l’élaborateur restant à Jean-Louis Ballarin. Revendiquant une approche artisanale, et non « industrielle », de l’élaboration, Céline Lannoye compte préserver l’approche traditionnelle de la maison Ballarin. Les activités de prestation de services de Ballarin seront également maintenues et développées (29 % du chiffre d’affaires de Ballarin).

Les investisseurs se pressent autour des crémants de Bordeaux

Portée par son expérience des Etats-Unis, Céline Lannoye se donne pour ambition commerciale de monter l’export à 30 % de son activité (contre 12 % aujourd’hui) et de diversifier son réseau en grande distribution (40 % de l’activité actuelle, avec un opérateur principalement, la centrale Auchan). Très confiante dans le potentiel de développement des pétillants de Bordeaux, Céline Lannoye note bien que la concurrence se muscle : « Jaillance se développe (avec sa filiale Brouette), les Vignerons de Saint-Pey investissent (cave coopérative de Génissac) et Castel se lance dans le match (comme Grands Chais de France il y a deux ans) ».

Loin d’y voir une menace, elle se réjouit de l’implication de « plusieurs grands opérateurs, essentiels pour pousser l’AOC et la mettre à sa vraie place ». Mais elle se donne comme priorité à court terme de passer des contrats d’approvisionnement avec des caves indépendantes et particulières. Voire à plus terme d’intégration une activité de vinification sur le site de Ballarin (à Haux).
Auparavant directrice marketing et communication de la coopérative du Marmandais (2010 à 2014), Céline Lannoye ne manque d’ambition pour le premier élaborateur girondin de crémants. Elle sera secondée par Frédéric Costella, qui dirige actuellement la coopérative de Marmande.

Les Vignobles Lannoye
Parents de Céline, Françoise et Philippe Lannoye possédent les châteaux Ambe Tour Pourret (5 ha en AOC SainEmilion Grand Cru), Lanbersac (22 ha en AOC Puisseguin Saint-Emilion), Moulin de Clotte et Lamour (respectivement 8 et 5 ha, tous deux en AOC Castillon-Côtes de Bordeaux). François Lannoye est d’ailleurs la président du syndicat viticole de l’AOC Castillon Côtes de Bordeaux.

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