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InVivo Veritas

Bertrand Girard aux commandes du troisième pôle vinicole français

Mercredi 24 juin 2015 par Marion Ivaldi

InVivo Veritas : Bertrand Girard aux commandes du troisième pôle vinicole français

Le président du directoire du groupe Vinadeis (anciennement Val d'Orbieu – Uccoar), Bertrand Girard, est nommé directeur général d'InVivo Wine, nouvelle banche d'activité d'InVivo. L'homme va ainsi être aux commandes du plus important projet porté par la coopération viticole ces dernières années : la création d'une holding, baptisée InVivoWine, associant production et négoce au sein du groupe InVivo (5,7 milliards de chiffre d'affaires en 2014). Cette création s'accompagne d'un projet marketing fort. « La France est le premier producteur de vin au monde, elle n'est pas le premier pays de marques de vins. Or toute la croissance mondiale sur le marché du vin se fait autour de marques. Notre ambition est de créer une chaîne de valeur et notamment de mieux marketer le vrac et le vendre » commente Thierry Blandinières, directeur général du groupe InVivo, le 24 juin lors de la présentation à la presse du projet InVivoWine. « Il s'agit de dégager des ressources pour créer de l'innovation et un développement international grâce à de la croissance externe et des alliances stratégiques tout en misant sur le capital humain » poursuit-il.

Avec le vin, InVivo crée une quatrième branche d'activités (au côté de celles déjà existantes : agriculture, alimentation animale et distribution) en investissant dans deux négoces : Cordier Mestrezat Grands Crus (périmètre de 40 millions d'euros) et Vignobles du Soleil International (basé dans le Gard, périmètre de 35 millions d'euros), ce qui représente un total de 75 millions d'euros de chiffre d'affaires. « Notre ambition est d'atteindre les 500 millions d'euros d'ici cinq ans » annonce Thierry Blandinières. Et pour cela, il compte sur Vinadeis (anciennement Val d'Orbieu – Uccoar), premier groupe coopératif viti-vinicole français dont le chiffre d'affaires s'élève à 268 millions d'euros. Reste donc 157 millions d'euros de croissance à développer à travers d'autres opérations d'acquisition de négoces, l'ouverture aux coopératives et, bien sûr, la croissance générée par InVivo Wine.

Une interrogation et non des moindres demeure : quels sont les liens qui unissent InVivo et Vinadeïs ? Le voile n'est pas levé mais pourrait l'être prochainement. InVivo se limite pour l'instant à annoncer que son conseil d'administration a été élargi avec deux sièges supplémentaires accordés aux représentants de la coopération viticole. Par ailleurs, la nomination de Bertrand Girard est un indice supplémentaire. C'est à lui que revient la charge d'organiser l'ambition marketing de la branche vin d'InVivo. Les marques et domaines de Cordier passent en effet sous sa houlette (Mestrezat se spécialisant dans les grands crus) ainsi que la commercialisation et le marketing du vrac de Vignobles du Soleil International. InVivo Wine commercialise désormais 830 000 hl de vrac. « Il y a une complémentarité entre l'offre des Vignobles du Soleil International et Vinadeis, notamment au niveau de la clientèle et des bassins d'approvisionnements » explique Bertrand Girard. La valorisation se fera aussi à travers la bouteille, stratégie forte de Vinadeis qui conditionne 200 000 unités par an en France. « Nous n'excluons pas de développer un modèle de distribution calqué sur nos concurrents internationaux qui ont installé des centres d'embouteillage au sein des marchés exports » précise Bertrand Girard. Concernant, les marques, InVivo Wine possède désormais trois marques fortes à identité régionale :Cordier ancrée dans le bordelais, la cuvée Mythique et le Val aux origines languedociennes. InVivo Wine se tournera-t-il vers une marque nationale, dont l'initiative Chamarré a laissé une trace douloureuse au sein de la coopération ? « Nous n'excluons rien pour des produits qui s'y prêteraient » répond Bertrand Girard.

InVivo se lance donc dans un projet massif dans le vin. « Les acquisitions sont un fait mais pas un résultat. Cela ne lèvera pas les freins organisationnels et de compétitivité » commente-t-on chez Castel. C'est en effet le vrai pari d'InVivo Wine qui vise le milliard de chiffre d'affaires dans 10 ans.

 

[Crédit photo : Bertrand Girard]

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