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2014 a séduit les palais anglais mais pas au point de faire changer d'avis les Britanniques sur...
Bordeaux en primeurs 2014 : les britanniques reconnaissent sa qualité

Par Anne Serres Le 16 avril 2015
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Bordeaux en primeurs 2014 : les britanniques reconnaissent sa qualité
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'accueil par les Britanniques du millésime 2014 est plutôt positif. Tous les dégustateurs britanniques et, plus largement anglophones, le reconnaissent comme le meilleur depuis 2010, pas du niveau de 2000, 2005 ou 2009, mais plutôt dans la lignée des 2001, 2008 et 2010. L'été indien a favorisé les cabernets, on loue le Médoc, les Graves, mais aussi Pomerol... et en tous cas on reconnaît, de Decanter au Wine Spectator en passant par les blogs des acheteurs, de Waitrose à Berry Bros. &Rudd que le 2014 est franchement meilleur que 2013.

Mais, on explique que Bordeaux doit malgré tout baisser les prix pour ce millésime supérieur en qualité, tant les réalités financières et qualitatives sont déconnectées à Bordeaux. Face à l'importance des stocks de millésimes moins intéressants achetés trop chers en primeur, le négoce britannique est désormais dans une impasse dont seule une baisse significative des prix sur le millésime 2014 pourrait le sortir. Sinon, on achètera des millésimes déjà sur le marché et dont la qualité est reconnue, pour l'investissement comme pour la consommation, ainsi Bloomberg recommande d'acheter du 2005 plutôt que du 2014 en primeur.

Les dommages de campagnes précédentes

Dès la conclusion de la campagne du millésime 2013 en primeur l'an dernier, Farr Vintners, cité par Harpers, expliquait que « acheter des Bordeaux en primeurs est désormais nul et non-avenu ». Dans une analyse concordante, le blog de Liv-Ex titrait « En Primeur est mort, Vive en Primeur », avertissait Bordeaux que les stocks des négociants anglais étaient pleins avec les 2011 et 2012 et que 2013, à moins d'une baisse significative des prix qui n'était pas survenue, n'intéresserait pas les acheteurs britanniques, dont « l'un des plus importants a vendu moins de 1% des vins En Primeur comparé à ses ventes pour le millésime 2009 . Pour beaucoup, c’est la confirmation que le système ne fonctionne pas, mais comme pour la fin du règne de tout monarque, c’est temporaire. La dynastie demeure. »

Comment restaurer la monarchie en primeurs avec le millésime 2013 ? Par des prix réellement plus bas que ceux pratiqués sur les millésimes disponibles et à boire, répondent les Anglo-Saxons. C'est la dernière occasion pour le faire, surenchérit Tim Atkin MW.

Harpers, dans son magazine papier, cite Steve Bowett, acheteur pour Farr Vintners, qui demande des prix « inférieurs de 25 % à ceux des millésimes d'une qualité équivalente actuellement disponibles à la vente ». Du côté du négociant Wine Owners, on a assorti la liste des vins retenus au terme des dégustations d'un prix souhaité, au-delà duquel on n'achètera pas.

Mais les experts ne cachent pas leur scepticisme sur la bonne volonté des Châteaux pour appliquer cette baisse des prix. Là où Wine Owners rappelle que la rareté n'est pas un problème à Bordeaux et ne doit pas justifier la hauteur des prix en primeur, Hubert de Boüard annonce dans the Drinks Business que "la demande est déjà immense pour l'Angelus 2014 ».

 

Jeannie Cho Lee MW, note un trait commun aux conversations sur le prix du millésime 2014 : les Châteaux n'auraient pas l'intention de descendre en dessous des prix de 2013, arguant, d'une part, qu'il ne serait pas cohérent de vendre moins cher un millésime meilleur que 2013 et, surtout, que le recul de l'euro par rapport à la livre et au dollar rend mécaniquement le prix des 2014 inférieur « de 15 à 20 % » à ceux des 2013 il y a un an. L'experte précise qu'elle craint pour sa part des prix 2014 « identiques ou supérieurs de 10 à 30 % selon les châteaux, auquel cas la campagne sera extrêmement difficile et tournée surtout vers les Etats-Unis car la Chine et l'Europe se détourneront de ce millésime ».

Crédit photo : http://pixabay.com/

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