LE FIL

Flavescence dorée/Bois noir

14.500 pieds à arracher avant le 1er mars en Savoie

Jeudi 08 janvier 2015 par Juliette Cassagnes

Flavescence dorée/Bois noir : 14.500 pieds à arracher avant le 1er mars en Savoie

La flavescence dorée en Savoie continue de faire d’importants dégâts. Sur l’ensemble du vignoble, soit 1565 hectares de vignes et 5660 parcelles prospectées, 14 507 pieds de vigne contaminés par la jaunisse - flavescence dorée ou bois noir - ont été dénombrés en 2014. 


Ils se localisent sur 1746 parcelles, soit une proportion de 30% de parcelles atteintes. Selon les derniers prélèvements « exhaustifs » réalisés en 2013 – c'est-à-dire ayant fait l’objet d’analyses en laboratoire – 90% de ces pieds malades seraient atteints de la flavescence dorée et seulement 10% du bois noir. Ce taux très important a conduit à stopper les analyses il y a deux ans et donc, à arracher tous les pieds atteints de jaunisse sans distinction.

 

La FD GDON signale « deux gros foyers inquiétants », qui sont aussi « historiques ». Le premier sur la commune des « Marches ». Dans ce secteur, six parcelles sont atteintes à plus de 20%, voire pour certaines jusqu’à 75%, avec un total de 4300 ceps touchés. Celles-ci devront donc être arrachées totalement d’ici le 1er mars 2015. Le second se situe sur la commune de Chignin, qui connaît une progression de l’épidémie : 1913 ceps atteints de jaunisse ont été recensés en 2014 contre 865 en 2013. Mais la maladie concerne également tous les autres secteurs du vignoble, à un degré plus moins intense.

 

 

L’an dernier, le nombre total de ceps recensés malades avait été de 11700. Malgré leur arrachage, la flavescence dorée a donc encore progressé. Une augmentation liée à celle de la surface prospectée -200 ha ont été examinés en plus en 2014 - mais pas uniquement, selon Fabienne Carteron, directrice du FD GDON : « Les 200 ha supplémentaires sont des zones très peu contaminées », constate celle-ci. Et d’avancer d’autres explications : la première est que les symptômes n’apparaissent qu’un an après la piqûre par l’insecte. Les 11000 ceps malades et arrachés l’an dernier avaient donc déjà contaminé les parcelles voisines l’an dernier, et sont celles qui expriment les symptômes cette année.

 

Dans ces parcelles, la présence de la cicadelle a, par ailleurs, bien été confirmée. « On a même une explosion de l’insecte vecteur là où il y a les plus gros foyers », constate la directrice. Un certain nombre de viticulteurs font l’impasse sur les traitements insecticides. « Ceux qui traitent sont donc contaminés eux aussi… et décident à leur tour d’arrêter les traitements, étant devenus inutiles. C’est assez décourageant, se désole Fabienne Carteron… Le message que la lutte doit être collective est difficile à faire passer ». En résumé, la Savoie cumule une forte présence de la maladie et de l’insecte dans certains secteurs. « On a les deux, donc on a du mal à s’en sortir », commente la directrice.

 

Une autre explication est à chercher au niveau des vignes abandonnées et des repousses sauvages, qui constituent « des réservoirs pour l’insecte vecteur ». Un gros travail de recensement et d’arrachage, notamment par la SNCF, a déjà été effectué, mais il en reste encore un grand nombre. « Peut-être faut-il attendre encore deux ou trois ans pour que les effets de la lutte se fassent sentir ? s’interroge et espère la directrice du GDON…. J’espère pour 2015 une diminution des contaminations ».

 

La Savoie est touchée par le phytoplasme depuis le début des années 2000. De trois communes contaminées à cette époque, elle en compte, 14 ans plus tard, 60... Avec l’impression amère que la présence de « quelques » pieds de vigne atteints dans une parcelle « fait désormais partie du  quotidien des viticulteurs ».

Crédit photo: IFV Sud Ouest

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