LE FIL

Des prix en baisse avec la TVA à 5,5%, mais pas sur les vins

Lundi 27 juillet 2009 par Ingrid Proust, Ligérienne de presse

Les vins et autres boissons alcoolisées ne figurent pas sur la liste des produits sur lesquels les restaurateurs se sont engagés à répercuter intégralement la baisse de la TVA à 5,5%. La mesure aurait pourtant sans doute contribué à relancer les ventes de vins en restauration.


Yves d’Amécourt, producteur bordelais et par ailleurs conseiller général UMP, propose que “le verre de vin, compris dans le menu, puisse bénéficier d'un taux de Tva réduit, lui aussi”. Une mesure qui permettrait de “promouvoir la consommation modérée de vin en initiant au cours du repas à la culture du vin tout en rassurant les consommateurs. (© Viti-net)
Le passage de la TVA de 19,6% à 5,5% en restauration est effectif depuis le 1er juillet. Selon le secrétaire d’Etat au Commerce Hervé Novelli, un peu plus de la moitié des restaurateurs avaient baissé leurs prix deux semaines après l’entrée en vigueur de la mesure. Les représentants des syndicats du secteur avaient promis fin avril de répercuter intégralement la baisse de la Tva sur au moins sept produits sur une liste de dix : une entrée, un plat chaud (viande ou poisson), un plat du jour, un dessert, un menu entrée-plat, un menu plat-dessert, un menu enfant, un jus de fruit ou soda, une eau minérale, le café, thé ou infusion. Les boissons alcoolisées, dont les vins, sont exclues de cette liste. “Et les menus vins compris n’y figurent pas non plus”, précise-t-on à l’Umih, le premier syndicat national en hôtellerie-restauration. Les boissons alcoolisées restent à 19,6%.

Des coefficients de 3 à 5

Pour certains, l’exclusion du vin du mouvement de baisse de Tva a tout d’une occasion manquée. “La consommation de vin dans les restaurants diminue d'année en année parce que les Français ont peur de l'alcootest et que le vin en restauration est trop cher”, lance Yves d’Amécourt, producteur bordelais dont la famille possède plusieurs domaines. Une baisse de la Tva sur le vin aurait peut-être permis de ramener les prix des bouteilles à des niveaux plus raisonnables. “Le prix du vin en restauration est indécent. Dans les écoles hôtelières, on apprend aux élèves à faire leur marge sur le vin. Les vins que je vends à des restaurateurs se retrouvent sur les cartes avec des coefficients de 3 à 5 ”, dénonce Yves d’Amécourt. “Chaque restaurateur est libre de gérer sa carte des vins. Les coefficients sont un système très complexe. Un restaurant gastronomique n’appliquera pas le même coefficient qu’un établissement de moyenne gamme et les chiffres diffèrent selon les types de vins”, observe-t-on à l’Umih. “Sur les vins premiers prix de notre carte, nous appliquons le coefficient 4 et ensuite ce chiffre baisse graduellement, indique Pierre Berot, chef sommelier pour l’ensemble de la maison Taillevent. Sur des vins que nous rachetons à un prix très élevé, nous travaillons plutôt en marge.”

A l’occasion de la baisse de la Tva, la direction de ce restaurant prestigieux a décidé en juin et en juillet d’offrir les vins sur son menu déjeuner à 80 euros. “Plutôt qu’une baisse de prix sur certains plats, notre clientèle attendait plutôt un geste de notre part et celui-ci a tout son sens dans un établissement comme Taillevent.”

Pourquoi pas une TVA réduite sur un verre de vin dans un menu ?

Pour Yves d’Amécourt, par ailleurs conseiller général UMP, “il est dommage de ne pas avoir demandé aux restaurateurs de s’engager à répercuter la baisse de la Tva sur les vins” . Le producteur propose que “le verre de vin, compris dans le menu, puisse bénéficier d'un taux de Tva réduit, lui aussi”. Une mesure qui permettrait de “promouvoir la consommation modérée de vin en initiant au cours du repas à la culture du vin tout en rassurant les consommateurs. Avec un verre de vin par repas, ils pourront reprendre leur voiture sans danger pour eux et pour autrui.” Mais les restaurateurs devraient également faire un effort sur le prix du vin au verre. “Avec un verre de Bordeaux à 1,50 euro, ils ne sont pas perdants, déclare Yves d’Amécourt. Un verre de vin d'Aoc régionale, avec un taux de TVA réduit, devrait se situer entre le prix d'un café et le prix d'une bière”.


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