LE FIL

Quoi de neuf du côté des releveuses mécaniques ?

Mardi 17 juin 2014 par Juliette Cassagnes

La Chambre d’agriculture de l’Aube testait, à l’occasion d’une journée de démonstration le 4 juin dernier, trois releveuses mécaniques. Environ 120 vignerons ont fait le déplacement, « preuve qu’il y a un grand intérêt pour le sujet », témoigne Dimitrios Skoutelas, conseiller à la Chambre d’agriculture. Compte-rendu de cette journée.

Trois marques étaient à l’essai, lors de la journée démonstration releveuses mécaniques, organisée par la Chambre d'agriculture de l'Aube le 4 juin dernier : Vitacea de l’alsacien Dmp Concept, machine proposée depuis 2008, l’Optima, fabriquée par Provitis et la plus récente, la releveuse du constructeur champenois Scdc. Les deux premières fonctionnent avec un système de bandes releveuses et de pose et agrafage des fils, la dernière avec des écarteurs Ecatik et des fils déjà en place.

Montée sur chenillard, la « Vitacea » relève les rameaux grâce à deux bandes sans fin entrainées hydrauliquement. Les agrafes sont biodégradables et la capacité de 4.100 agrafes. La dégradation des agrafes, en automne, permet l'enlèvement de la ficelle de façon mécanique au moyen d'un enrouleur de fils. La machine a une vitesse d’avancement particulièrement rapide, de 5 km/h. Elle peut fonctionner avec des fils en polypropylène.Montée sur chenillard, la Vitacea de Dmp Concept relève les rameaux grâce à deux bandes sans fin entraînées hydrauliquement. Les agrafes sont biodégradables et la capacité de 4.100 agrafes. La dégradation des agrafes, en automne, permet l'enlèvement de la ficelle de façon mécanique au moyen d'un enrouleur de fils. La machine a une vitesse d’avancement particulièrement rapide, de 5 km/h. Elle peut fonctionner avec des fils en polypropylène. (©Ch Agriculture Aube)

La releveuse Provitis « Optima » montée sur chenillard : elle est équipée d’un système de deux bandes sans fin. A l’arrière de ces bandes est déroulée de part et d’autre du rang une ficelle pour garder les rameaux en position verticale. Ces deux ficelles sont ensuite agrafées. L’agrafeuse a une capacité de stockage de 5.000 agrafes métalliques. Sa vitesse d’avancement est de 2,5 km/hLa releveuse Provitis Optima montée sur chenillard : elle est équipée d’un système de deux bandes sans fin. A l’arrière de ces bandes est déroulée de part et d’autre du rang une ficelle pour garder les rameaux en position verticale. Ces deux ficelles sont ensuite agrafées. L’agrafeuse a une capacité de stockage de 5.000 agrafes métalliques. Sa vitesse d’avancement est de 2,5 km/h (©Ch Agriculture Aube) 

La releveuse fabriquée par le champenois Scdc fonctionne avec les écarteurs de fils « Ecatik ». La machine permet de refermer les écarteurs, au moyen de deux cylindres positionnés de part et d’autre du rang ; en tournant, ils relèvent les fils, débloquant les écarteurs de leur position ouverte, qui se referment alors, grâce à un système de ressort fixé au piquet... D’où un fonctionnement sans consommable.La releveuse fabriquée par le champenois Scdc fonctionne avec les écarteurs de fils Ecatik. La machine permet de refermer les écarteurs, au moyen de deux cylindres positionnés de part et d’autre du rang ; en tournant, ils relèvent les fils, débloquant les écarteurs de leur position ouverte, qui se referment alors, grâce à un système de ressort fixé au piquet... D’où un fonctionnement sans consommable. (©Scdc)

« Peu d’améliorations ont été apportées depuis le début de leur commercialisation, résume le conseiller, après la journée d’essais. Elles fonctionnent bien, à condition d’avoir bien adapté les réglages. Elles peuvent donc donner de bons résultats si le chauffeur est compétent ».

Plusieurs points de vigilance

Le premier point de vigilance concernant les réglages à apporter concerne la hauteur de travail offerte par les machines, par rapport à celle de la vigne.  « Elles sont difficiles à adapter sur vignes basses, comme en Champagne », remarque le conseiller. Sur les machines Provitis et Dmp, la tête de relevage est inclinable jusqu’à 30°.

Une autre difficulté apparaît à l’entrée du rang, pour installer la releveuse : un attachage à la main des ficelles pour les deux machines Provitis et Dmp reste nécessaire. Cette opération est rendue plus difficile encore si le piquet de tête est incliné. En bout de rang, la même tache manuelle doit être répétée. Pour celle proposée par Scdc, il n'y a par contre pas de manipulation nécessaire ni en début ni en fin de rang.

Concernant la qualité de palissage, mesurée par les blessures sur grappes et la casse des rameaux, « il y a finalement peu de différences entre les machines » indique Dimitri Skoutelas. « Il y en a un peu mais elles ne sont pas importantes ». Pour la Provitis par exemple, aucune blessure sur grappes n’a été constatée et 2 % de rameaux cassés seulement ont été comptabilisés. Pour la Vitacea de Dmp Concept, des taux de dégradation de respectivement 1 % et 5 % ont été relevés. Pour cette dernière, à relever également, un risque d’abimer les grappes lors du premier relevage, surtout si l’on veut bien serrer les fils : la hauteur du fil est en effet la même que celle des grappes.

Quant à la releveuse proposée par Scdc, celle-ci fonctionne « pas mal vis-à-vis de la qualité mais demande un investissement plus important ». S'agissant de la qualité, les fils sont en effet plus écartés des zones sensibles, d’une trentaine de centimètres environ, grâce aux écarteurs, permettant de mieux les préserver.

Concernant le montant d’investissement, la releveuse Scdc est commercialisée 10.000 € la machine mono-rang et le double pour la deux rangs. Il faut ajouter à ce montant 2,50 euros par Ecatik, à raison d'un par piquet. Les prix des autres releveuses se situent sinon dans une fourchette allant de 13.000 à 15.000 €, auxquels il faut ajouter les consommables : fils, agrafes.

Les écarteurs Ecatik ouverts sont posés sur les piquets de palissage ; ils maintiennent les fils mobiles à hauteur suffisante. Au printemps, la végétation se développe entre les fils ouverts par l’écarteur. Lors du relevage, on referme l’écarteur pour palisser la vigneLes écarteurs Ecatik ouverts sont posés sur les piquets de palissage ; ils maintiennent les fils mobiles à hauteur suffisante. Au printemps, la végétation se développe entre les fils ouverts par l’écarteur. Lors du relevage, on referme l’écarteur pour palisser la vigne (©Scdc)

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