ouveau débourrement ultra précoce en vue. Nouvelles nuits d’angoisse et de lutte contre le gel de printemps également ? Pas sûr. Selon Sébastien Zito, chercheur à l’Inrae et chez Hennessy, le réchauffement climatique ne s’accompagne pas d’un risque accru de gel de printemps. C’est du moins ce qu’il constate sur le secteur de Cognac.
« Il n’a aucune évolution significative du risque de gel de printemps sur la période 1972-2022 en lien avec l’augmentation des températures et l’avancée du stade de débourrement », a-t-il déclaré lors du Forum météo organisé par l’Association des propriétaires de station météo de Cognac le 26 janvier, dans les locaux de Grégoire à Chateaubernard en Charente.
Au contraire, Sébastien Zito observe même une très légère diminution des années gélives. L’explication est simple : si le débourrement avance, le dernier jour de gel de l’année avance lui aussi. « Il gèle de moins en moins tard en saison », observe Sébastien Zito.
Les années de gel que nous venons de connaitre ne seraient peut-être qu’un malheureux effet du hasard et non une fatalité inéluctable.
En revanche, toujours selon Sébastien Zito, à Cognac il faut s’attendre à des millésimes avec un nombre croissant de jours d’été avec des déficits hydriques sévères. Si l’on s’en tient à ses prévisions, mieux vaudrait donc investir dans l’irrigation que dans la lutte contre le gel à Cognac.
Pour sa part François Brun, responsable du pôle agriculture numérique et science des données à l’Acta (Association de coordination technique agricole) s’est intéressé à l’effet des mois très pluvieux sur les rendements en viticulture et la pression de mildiou.
Lui aussi a présenté ses travaux lors du forum météo du 26 janvier.
Par mois très pluvieux, François Brun entend les 20 % les plus arrosés d’une série pluriannuelle de données. Pour les rendements, il a pris en compte les données Agreste de 49 départements de 2000 à 2023. Pour la pression de mildiou, il a resserré son analyse à 22 départements de la façade ouest, de 2002 à 2023 et s’est appuyé sur les données des Bulletins de Santé du Végétal (BSV) et d’Epicure de l’Institut Français de la Vigne et du Vin (IFV).
Selon son travail, on perd 10 % de rendement lorsque le mois de mai est très pluvieux. Et c'est là le plus fort impact qu’il observe. Viennent ensuite les mois d’avril très arrosés après lesquels on enregistre 5% de pertes de rendement.
En revanche, pas de perte de récolte, du moins pour les départements et la période de temps étudiés, lors d’étés très pluvieux. Au contraire, une légère hausse et ce même après des mois de juin très arrosés, ceux où se produit généralement la floraison, période de forte sensibilité à la coulure et au mildiou.
François Brun n’a pas donné d’explication agronomique à ces observations statistiques.
S’agissant de la pression de mildiou, elle est activée surtout lorsqu’il pleut en mai et, dans une moindre mesure, en mars et en février. En revanche, l’étude ne montre aucun effet des mois d’avril très pluvieux, alors que ce sont ceux où l’on trouve généralement les premiers foyers de mildiou.
Cette fois Alexandre Davy, ingénieur-œnologue à l’IFV a tenté une explication : En avril, il fait souvent trop froid pour que les pluies soient favorables à l’épidémie de mildiou. En revanche celles de février et de mars sont favorables à la maturation des oospores.
Est-ce à dire qu’il faut s’attendre à une forte pression de mildiou cette année, mais pas forcément à des gelées tardives ? Les paris sont ouverts.




