es chauves-souris réduisent la pression des vers de la grappe : eudémis et cochylis. C’est ce qu’a expliqué Yohan Charbonnier, responsable de projet à la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) d’Aquitaine ce 2 février lors du webinaire "Rôle de la biodiversité au vignoble focus sur 3 cas concrets", organisé par l’Institut Technique de l'Agriculture Biologique (ITAB) et l’Institut Français de la Vigne et du Vin (IFV). Les chauves-souris sont bien des prédateurs naturels des tordeuses. La LPO en collaboration avec l’Inrae et Eliomys l’a démontré il y a quelques années lors d’une étude financée par le Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux (CIVB) et au cours de laquelle les experts ont analysé les fèces des chauves-souris. Les résultats montrent que 70 % de ces fèces contiennent des traces ADN de l’eudémis, preuve que celui-ci est bien une proie pour les chauves-souris. « Plus de 10 espèces de chauves-souris prédatent eudémis et cochylis plus ou moins régulièrement dans la nature », a détaillé Yohan Charbonnier lors du webinaire. Et cela se confirme sur le terrain.
« Dans une trentaine de parcelles, on a suivi la présence des tordeuses avec des pièges à phéromones et celle des chauves-souris grâce à des écoutes. Les résultats montrent que les chauves-souris augmentent leur activité de chasse en présence des tordeuses. Cette activité de chasse est multipliée par trois quand le ravageur est présent dans les vignes. Et plus cette activité de chasse augmente au moment du pic de vol, plus le nombre de perforations est réduit. En moyenne, les chauves-souris réduisent de 14 % les dégâts des vers de la grappe à la vendange », a rapporté le spécialiste.
Comment augmenter l’activité des chauves-souris dans les vignes ? Selon Yohan Charbonnier, le premier critère est la gestion de l’enherbement dans les interrangs. Pour le démontrer les expérimentateurs ont comparé l’activité des chauves dans des parcelles travaillées en plein, dans des parcelles travaillées un interrang sur deux (l’autre interrang étant enherbé) et dans des parcelles enherbées en plein. Les résultats montrent que « plus le taux d’enherbement des interrangs augmente, plus l’activité globale des chauves-souris augmentent ». Et plus le couvert est diversifié, mieux c’est. Le paysage a aussi un impact : plus il est diversifié et plus le pourcentage de forêt, de haies, de bâti est important autour des vignes, plus l’activité des chauves-souris est importante. D’où l’importance d’installer et de préserver de tels espaces. Les chauves-souris, des auxiliaires pour la vigne !




