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"Le vin sans alcool a autant sa place en cave que les vins bio, sans sulfites…"
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Parole de sommelier
"Le vin sans alcool a autant sa place en cave que les vins bio, sans sulfites…"

Le défi du mois sans alcool s’achevant, le bilan commercial des ventes de vin sans alcool est mitigé pour le caviste en grandes surfaces Olivier Rey qui défend une offre ayant sa place à l’année dans les rayons de vins.
Par Alexandre Abellan Le 31 janvier 2026
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« Les clients demandent du Saint-Estèphe sans alcool, du Champagne sans alcool… » rapporte Olivier Rey. - crédit photo : DR
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rganiques, les rayons de vin sont saisonniers avec la mise en avant des moelleux et liquoreux le printemps, des rosés l’été, des effervescents en fin d’année… Et des vins sans alcool à l’approche du Dry January, le défi du mois de janvier sans alcool. S’y prenant dès la fin novembre, Olivier Rey, le sommelier du Leclerc de La Teste-de-Buch (Gironde). Sur le bassin d’Arcachon, a logé 52 étiquettes de vins désalcoolisés parmi ses 2 500 à 3 000 références de vins en magasin. « On est l’un des rares magasins à avoir autant de sans alcool » indique le sommelier, qui précise ne pas être un « fervent défenseur du vin sans alcool, ce n’est pas mon cheval de bataille. Mais je ne peux pas me priver d’une clientèle et lui refuser cette offre. » Où l’on trouve des gammes qualitatives pointe Olivier Rey : « il y a des choses très intéressantes dans les pétillants, ça commence à venir sur les blancs et les rosés, pour les rouges on en est encore loin ».

Laissant de côté les invectives de pour et des anti-vins désalcoolisés, « on n’en est plus là, ce sont des enfantillages », Olivier Rey le répète : « le vin sans alcool a autant sa place en cave et dans les rayons que les vins bio, sans sulfites… Ce sont des rayons qu’il faut garder : un client qui en veut doit en trouver facilement. Notre objectif est d’avoir les bonnes références pour répondre à la clientèle actuelle. Avant on faisait des prévisions sur 6 mois, puis on est passé à 3 mois, maintenant on navigue un peu à vue... » Ayant noté une forte demande de vins désalcoolisés en décembre sur le bassin d’Arcachon avec les fêtes, Olivier Rey relève une consommation plus terne en janvier, y compris sur les bouteilles de vins classiques. Si les consommateurs se sont plus tournés vers des jus de fruits qualitatifs ce début 2026, dans tous les cas, « le vin sans alcool a toute sa place. On se doit d’avoir des références » souligne le sommelier, pour qui c’est « un segment qu’il ne faut pas négliger, mais je ne pense pas que ce soit une grosse opportunité non plus ».

Types de consommateurs

La cible étant réduite d’après son expérience de trois catégories principales d’acheteurs : « les femmes enceintes qui ont envie de boire un verre (mais sans poursuivre après la naissance, sauf allaitement), les personnes qui ont une longue maladie et veulent se faire plaisir (avec la couleur, le nez… le goût c’est autre chose), les personne qui luttent contre l’alcoolisme (mais les gestes peuvent les faire replonger) ».

À cause de la loi Évin, le client ne connait plus les bases du vin

Laissant de côté « les infusion et les pépins de raisin » (« ce n’est plus le même délire »), Olivier Rey propose des vins désalcoolisés allant de 2,5 € (l’historique Bonne Nouvelle) à 11,5 € (pour des cépages alsaciens). « Il faut déjà que le client arrive à la démarche de mettre 7,5 € dans un vin sans alcool alors qu’à côté on a des cuvées superbes de vin à ce prix » pointe le sommelier, relevant un défaut de connaissance des consommateurs : « les clients demandent du Saint-Estèphe sans alcool, du Champagne sans alcool… Ils ne comprennent pas, ou ne veulent pas comprendre, que cela n’existe pas et qu’en enlevant l’alcool le produit ne reste pas identique. À cause de la loi Évin, le client ne connait plus les bases du vin. »

D’où l’importance du conseil en magasin pour ce défenseur de la Grande Distribution dans la commercialisation et la valorisation des vins. Lui-même défend une offre locale, privilégiant les vins de Bordeaux : « quand on est sommelier, on est l’ambassadeur de toutes les AOC. Et quand on est sur territoire aussi fort que le Bordelais, on doit être curieux et aller chercher dans chaque AOC les petits propriétaires, être curieux. Il faut professionnaliser. »

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PATRICK BAUDOUIN Le 31 janvier 2026 à 11:12:34
VIN SANS ALCOOL : le nom est scandaleux. Oxymore. La caractéristique du vin, c'est l'alchimie de la fermentation d'un jus de raisin. Le terme "vin sans alcool" est simplement une arnaque commerciale qui utilise en le trahissant tout le prestige patrimonial, culturel, paysager, du vin. Et parler de terroir dans ces conditions est vraiment frauduleux, une remise en cause cupide du fondement des appellations dans leur rapport à l'expression des terroirs, des lieux. La fermentation en est la base. Vendez si vous voulez vos produits passés par les process industriels qui dénaturent le vin sous le nom de boissons "sans alcool", ce serait un peu plus honnête. Mais avec un problème : pourquoi parler de "sans alcool" comme un suffixe mantra pour n'importe quelle boisson ? A part pour participer à la campagne intégriste anti-vins ?
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