n 2025, pour la cinquième année consécutive, la cave Val de Gascogne de Condom (Union Plaimont) réalise une petite récolte. « 104 740 hectolitres pour être précis », décompte Cédric Garzuel, le directeur de la cave basée dans le Gers et rassemblant 1 500 hectares de vignes. « C'est 25 % de moins que la moyenne des 20 dernières années ». Malgré cela, la cave parvient à répondre à la demande. Même si le marché est hétérogène : « sur la vente bouteille, assurée par l'Union Plaimont, les sorties et les marchés sont relativement solides, les prix réguliers, mais la vente de vrac est plus spéculative », explique Cédric Garzuel.
Cependant, si la cave parvient à conserver ses marchés, il n'est pas envisageable pour le directeur de continuer à ce rythme, le prix des vins et les charges de fonctionnement de la cave étant dimensionnés sur environ 140 000 hectolitres. « Il faut être à 90 hectolitres/hectare tous cépages confondus pour rester compétitifs et maintenir nos prix auprès des consommateurs, soit des bouteilles à 5-6 euros », insiste le directeur de la cave, qui souligne également que la baisse du chiffre d'affaires se répercute sur les rémunérations des adhérents. Il n'y a pour Cédric Garzuel qu'une solution : regagner des volumes. Pour cela, il faudrait agrandir la surface en accueillant de nouveaux adhérents, mais aussi et surtout, mieux protéger la récolte : « Tout ce qui pourra aider à remonter nos niveaux de rendements sera le bienvenu ».
Et le directeur de détailler : « On travaille sur les moyens de protection contre les aléas climatiques. Contre la sécheresse, on encourage l'irrigation raisonnée, quand c'est possible. Et contre la grêle, nous croyons beaucoup aux filets para-grêle, mais ce sont des outils onéreux », souligne le directeur de la cave qui en appelle aux pouvoirs publics. « Il faudrait investir plus fortement en amont, pour limiter les aléas et préserver la vendange plutôt que de verser des enveloppes pour compenser ». L'exact discours du président des Vignerons Indépendants de France, Jean-Marie Fabre : mieux vaut prévenir que guérir les pertes de récolte.




