ouis Gillot, 19 ans, a déjà un parcours qui impressionne : il a remporté le titre de Meilleur Apprenti de France, médaille d’or nationale, le 14 janvier dernier. Sa passion sent bon l’huile de vidange et la mécanique bien faite. De celles qui prouvent que non, les jeunes n’ont pas “plus envie de bosser”. Ils veulent juste travailler dans un métier qui a du sens, avec des gens qui transmettent et leur donnent les moyens.
Pour Louis, la mécanique, c’est une histoire de famille. « Je suis passionné depuis tout petit, surtout de mécanique ancienne », raconte-t-il. Chez lui, on ne bidouille pas un weekend par mois : après les cours, le soir et les week-ends, Louis démonte, répare, et entretient ses engins. Car oui, il a une collection de vieux tracteurs, héritage culturel d’un grand-oncle, lui aussi collectionneur invétéré. Un CAP en serrurerie au départ… puis un accident grave le pousse à se réorienter, vers ce qu’il aime vraiment.
Aujourd’hui, il s’épanouit dans la maintenance de matériels viticoles chez Faupin (Beaune, Côte d'Or), un univers qu’il découvre en arrivant en apprentissage en septembre 2022. « Je n’y connaissais pas grand-chose en matériel viticole. » admet-il, « Mais le matériel est plus diversifié, on fait plus de choses. Et le travail doit être encore plus soigné sur un enjambeur par exemple. »
S’il décroche le titre de Meilleur apprenti de France, Louis Gillot met un mot sur ce qui l’a porté : la patience. « Faire les diagnostics, savoir contrôler son énervement… c’est essentiel. » La compétition, il y va pour se tester, accompagné de ses copains : « Ça met en confiance. » raconte-t-il. Dans ces épreuves, les juges ne cherchent pas seulement à juger les apprentis sur leurs capacités à trouver une panne : ils évaluent la méthode, la rigueur, la capacité à gérer le stress… « Comme un chef d’atelier » résume Louis Gillot.
Derrière cette réussite, il y a aussi un cadre qui donne envie de progresser. A Chassagne-Montrachet, chez Faupin, son entreprise d’équipement viticole, Louis se sent entouré : « Ils ne nous laissent pas tout seuls. Quand j’ai des difficultés, mon chef d’atelier me met avec un technicien compétent plutôt que de me laisser galérer. » L’entreprise résume l’esprit, par la parole de Vincent Feurtey, responsable marketing et communication : « C’est très important d’encourager nos jeunes et de leur donner les meilleurs outils pédagogiques pour leur donner envie de continuer. »
Louis Gillot, lui, regarde déjà vers demain. Les machines évoluent vite : plus d’électronique embarqué, des valises de diagnostic, des outils toujours plus pointus pour aider les chauffeurs… et aussi pour aider les techniciens à aller plus vite et plus juste. « Pour un chef d’atelier, il faudra faire toutes les formations possibles, parce que tout évolue très rapidement », explique-t-il. Pas de nostalgie ici : Louis Gillot aime la mécanique ancienne, mais il a aussi la curiosité et l’envie de suivre les améliorations et les nouveautés.
Louis Gillot l’affirme : il faut du courage, de l’envie… et des adultes référents qui jouent le jeu : « Si ça se passe mal avec votre patron, il faut en parler, et si ça ne passe pas changez de crémerie. Il ne faut pas se dégoûter. Il faut qu’un patron ait envie de transmettre son métier. C'est donnant donnant. »




