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Arrête ton chardonnay

Par Alexandre Abellan Le 16 janvier 2026
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rime à l’arrachage et aux manifs. Les mobilisations agricoles aidant, les représentants du vignoble et du ministère de l’Agriculture ont pu travailler d’arrache-pied de vigne pour acter ce 14 janvier les critères d’accès à l’enveloppe de 130 millions d’euros afin de réduire de 32 500 hectares le potentiel viticole français. Se voulant les plus simples possibles, les règles de la campagne 2026 se résument à la priorité inconditionnelle aux vignerons voulant tout arracher pour quitter la profession (demandes d’arrachage total du Casier Viticole Informatisé, CVI) et à l’exclusion pour les demandes d’arrachage partiel des parcelles de moins de 10 ans et des vignes de chardonnay. Si la première condition d’âge veut évidemment préserver l’outil de production récemment restructuré, le critère d’exclusion du seul cépage chardonnay ne manque pas d’interpeler.

C’est le signe d’un loupé : alors qu’il était envisagé de limiter la campagne d’arrachage aux cépages rouges, il a fallu préserver une entrée à Cognac, qui n’a pas obtenu son dispositif européen d’arrachage spécifique en compensation des taxes chinoises (liées au conflit entre Bruxelles et Pékin sur les voitures électriques). Alors que le marché des vins blancs est vu en tension (surtout comparé à celui des vins rouges), le trou de souris pour l’arrachage de Cognac a dû s’ouvrir plus largement que le seul ugni blanc pour satisfaire, ou plutôt éviter de braquer, d’autres bassins viticoles. De là à parler de boîte de Pandore ouverte, il y a un pas qui ne pourra être franchi qu’à l’avenir, s’il y a une vague conséquente de demande d’arrachage de colombard, de sauvignon blanc, de gewurztraminer… Et si l’augmentation du périmètre ciblé conduit à une demande d’arrachage très largement supérieure à l’enveloppe allouée.

Impliquant un taux de réfaction des demandes, le risque d’un manque de fonds pour répondre à tous les candidats à l’arrachage tient du risque de déconnexion paradoxale entre l’importance des financements débloqués nationalement et la modestie des fonds reçus à l’échelle de l’exploitation. Le premier écueil étant la prime à 4 000 €/ha qui est loin d’être satisfaisante pour les vignerons. Le dispositif ne va pas faire 4 000 heureux à l’hectare de vigne arrachée… Mais il fera des coléreux si le plan d’arrachage est retardé faute de budget 2026 pour la France (finançant la mesure) et d’actualisation du cadre réglementaire européen (réautorisant l’arrachage primé). Si la visibilité sur l’arrachage définitif est encore variable pour ses futurs candidats, il y a d’autres chemins travaillés localement pour réduire le potentiel de production. Par exemple l’Établissement Public Foncier de Bordeaux ou un arrachage temporaire financé par l’interprofession de Cognac. Nécessité faisant loi pour ces vignobles en crise. Une gestion de vigne ou de mort.

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Tous les commentaires (2)
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pg Le 16 janvier 2026 à 18:50:56
NSTI34 , pourriez-vous nous suggérer vos " critères réalistes" ?
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NSTI34 Le 16 janvier 2026 à 12:25:25
Encore une fois, c'est n'importe quoi. On ne peut pas gérer des problèmes régionaux à l'échelle nationale ! Les mêmes têtes, les mêmes noms, cet entre-soi permanent qui tient les cordons de la bourse? et finissent par contrôler nos bourses à tous, ça suffit. Le plan d'arrachage, avec ses 4 000 ?/ha, est une farce : trop faible pour contenter qui que ce soit et complètement déconnecté des besoins réels des exploitations. Le risque ? Un manque de fonds national pour répondre à toutes les demandes, et des vignerons frustrés et en colère alors que des solutions locales existent depuis longtemps. La viticulture a besoin de critères réalistes, adaptés aux bassins et aux cépages, pas de bricolages politiques dépassés. Sinon, ce sont les générations futures de vignerons qui paieront le prix fort.
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