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"Nous avons choisi le vin et la passion" De jeunes vignerons continuent de s'installer en dépit du contexte
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"Nous avons choisi le vin et la passion" De jeunes vignerons continuent de s'installer en dépit du contexte

En dépit du contexte difficile, des vignerons continuent de s’installer. Selon eux, la viticulture a toujours de l’avenir. À condition de limiter les volumes, et de bien valoriser la production.
Par Élisa Centis Le 02 janvier 2026
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Johan Bartholin et Stéphanie Cave, domaine de l'Argentière, à Visan, dans l'Hérault. - crédit photo : DR
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ien ne pouvait les détourner de leur objectif. Pas même la crise ! Quand Johan Bartholin, 36 ans, et Stéphanie Cave, 35 ans, entament le parcours qui doit les mener à la création de leur domaine, nous sommes en 2021. Ces deux œnologues de formation quittent alors leur emploi de responsables techniques dans l’Hérault pour aller travailler des vignes appartenant au père de Stéphanie Cave, coopérateur et vendeur de raisins sur pied à Visan, dans le Vaucluse. Cela faisait une dizaine d’années que le couple accumulait de l’expérience dans l’idée d’avoir un jour son propre domaine.

Après deux années de test, en 2022 et 2023, lors desquelles ils sont salariés de l’exploitation familiale, ils louent 7,5 ha de vignes en bio et créent le domaine de l’Argentière, à Visan. Pour cultiver les vignes, Johan et Stéphanie achètent du matériel d’occasion. Et en cas de besoin, ils bénéficient de l’entraide entre paysans. Ils peuvent ainsi concentrer leurs investissements dans l’aménagement d’un chai dans une ancienne grange, qu’ils avaient investie dès 2022 pour y mener leurs vinifications.

Quelque chose de nouveau

À Carnac-Rouffiac, dans le Lot, Justine Montminy et Stephen Valente, elle 32 ans et lui 37, ont franchi le pas à un âge où ils avaient « l’énergie et un peu d’économies pour commencer quelque chose de nouveau, changer de vie, prendre des risques financiers. Et pas encore d’enfant », détaille Justine, ancienne journaliste. « Nous avions deux possibilités, ajoute Stephen, pharmacien de métier : ouvrir une pharmacie ou créer un domaine. Nous avons choisi le vin, et la passion. » C’est ainsi que le Clos du Fleur de Lysé est né en 2024. Pour s’installer, ce couple originaire du Québec rachète une propriété de 12 ha de vignes auparavant destinées à la coopérative, mais qui disposait d’un chai toujours fonctionnel.

« La crise m’a poussé à conserver mon activité de pharmacien, et le fait que je reste double actif a convaincu la banque de nous apporter 60 % du financement, précise Stephen Valente, qui exerce toujours son premier métier à hauteur de deux jours par semaine. À l’origine, je voulais arrêter. Mais le contexte économique m’a convaincu de l’importance de garder un revenu sûr. J’ai donc fait l’effort de passer les équivalences entre le Québec et la France pour pouvoir exercer comme pharmacien ici. »

De son côté, Adrien Emond, 27 ans, considère que « dans toute crise, il y a des opportunités. Des gens arrêtent leur activité sans avoir de repreneur et vendent parfois à bas prix. » Lui qui n’avait pas beaucoup de moyens y a vu l’occasion de se lancer. En 2025, il a acheté 3 ha en AOP Côtes du Rhône Village Séguret, et a produit 6 000 bouteilles pour son premier millésime. En matière de cuverie, il est en location chez un autre vigneron. « Mon contrat me permet de bénéficier de tout son matériel, de la vinification à l’étiquetage, précise-t-il. Comme je suis resté responsable d’exploitation à temps complet chez un autre viticulteur, j’ai pu financer l’achat de terres, du matériel indispensable, les frais de culture et de vinification grâce à mes économies et à mon emploi. »

Un modèle pour l’avenir

Ces jeunes vignerons sont tous convaincus qu’on boira toujours du vin. Selon Stéphanie Cave et Johan Bartholin, la crise actuelle a même plutôt tendance à conforter leur modèle : un petit vignoble, et une récolte entièrement commercialisée en bouteille. « Il y a quelques années, les vignerons considéraient que produire du vrac permettait de faire rentrer de la trésorerie, observe la viticultrice. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Vendre du vrac est devenu compliqué et le prix ne vaut pas le coup. » Le couple produit actuellement 20 000 bouteilles de Côtes du Rhône village Visan et de Vin de France, et espère monter à 30 000 cols d’ici cinq ans, quand toutes leurs vignes seront en pleine production. Il reçoit les particuliers sur rendez-vous et travaille en priorité les marchés professionnels.

Dans l’Aude, Jérémy Mena démarre petit lui aussi, en raison du marché mais aussi du climat. « On n’arrivera plus à produire autant qu’avant », prédit ce vigneron de 41 ans qui, avec sa femme Mélanie, a racheté en mars 2025 le Château Wiala, 10,4 ha en bio à Tuchan.

Longtemps salarié de divers domaines, ce vigneron a finalement choisi de s’installer afin de pouvoir prendre ses propres décisions, et d’avoir un bien à transmettre à ses enfants. Comme les autres néovignerons, il souhaite vendre toute sa production en bouteille. Mais pour l’instant, il doit composer. « Cette année, on va vendre une partie en vrac car les anciens propriétaires avaient arrêté la bouteille en 2020. Nous devons reconstituer une clientèle. » Jérémy Mena et sa femme, qui pour le moment travaille à l’extérieur mais projette de rejoindre le domaine, ont également d’autres idées. « Nous souhaitons développer l’œnotourisme, et aussi planter d’autres cultures peu gourmandes en eau. » Pour peut-être, demain, ne plus dépendre uniquement de la vigne.

 

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pg Le 03 janvier 2026 à 19:29:33
La passion aveugle . Le bon sens paralyse. La moyenne est donc d' entreprendre en ayant conscience du risque . Une double activité , un conjoint travaillant à l' extérieur . Voilà le bon sens. Le cours des vignes au plus bas malgré des difficultés à n' en plus finir , mais la passion est là pour donner l' énergie. Une petite structure à taille humaine avec un minimum de main d'œuvre salariale. Voire pas du tout. Un conjoint qui travail à l' extérieur, pour peu qu'il soit à 35 h , ça laisse encore 35 h pour travailler sur le vignoble. Travailler beaucoup et surtout bien compter pour ne pas faire n'importe quoi, ne pas se laisser emporter par la passion. Il y a effectivement de belles propriétés qui devraient pouvoir trouver preneur à condition que les propriétaires offrent une reprise économiquement réaliste. Ca existe , beaucoup moins que des offres où la cupidité et la rancœur sont de mise... Le schéma idéal c' est une propriété en vente directe. Malheureusement , trop de vignerons ont misé sur le vrac. Plus simple , plus rapide , moins d' efforts. Se constituer un clientèle c' est souvent le travail d'une vie. Les vendeurs directes trouveront toujours un repreneur Les autres , ça va etre dur... Des châteaux bordelais sont prêt à laisser leur vignes pou rien , pourvu qu'elles soient entretenues.... Ca parait complétement fou. Des crises comme celle que nous vivons ont déjà existé dans un passé pas si lointain.... Vite oubliés le pourquoi du comment et les solutions qui avaient été adoptées....
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