n long soupir a parcouru le vignoble français cette semaine. Du lundi 8 décembre 16h45 au jeudi 11 décembre à 9h22, le nouveau service en ligne de déclaration de la vendange 2025 (Vendanges) de la Direction générale des Douanes et Droits indirects (DGDDI) était hors service (sauf pour les régions dont l’interprofession a son propre outil dématérialisé). « Destiné à la déclaration de récolte des récoltants et à la déclaration de production des caves coopératives et négociants », cet outil a fait face à un « problème technique identifié et résolu par nos équipes » indique à Vitisphere la DGDDI, qui précise qu’« un arrêté en cours de publication reporte la date limite réglementaire de dépôt de la déclaration de récolte au 10 janvier prochain, au lieu du 10 décembre. Un publipostage a été adressé à tous les récoltants afin de les en informer ainsi qu'aux organisations professionnelles. »
Si des vignerons contactés avaient déjà bouclé leurs déclarations de récolte, il en restait encore et ce ne sont pas des retardataires souligne Thiébault Huber, le président de la Confédération des Appellations et des Vignerons de Bourgogne (CAVB), qui vient juste de remplir son formulaire en ligne : « on avait jusqu’au 10 décembre à minuit, il ne peut y avoir de retardataires qu’après le délai passé. » Ayant interpellé lors du Grand Direct des AOC les Douanes sur le coup de pression administratif causé dans la filière vin par la refonte de trois plateformes dans la même année (MVV, Gamma 2 et Vendanges), le vigneron de Meursault estime que ce couac de fin d’année « montre bien qu’il y a une simplification administrative et informatique pour eux, mais pas pour nous ». Et le report de la date de dépôt de la déclaration de récolte fait grincer Thiébault Huber : « on a tous l’impératif de la déclaration de revendication d’appellation le 10 décembre, qu’on ne pouvait pas déposer si l’on n’avait pas la déclaration de récolte… Les douanes ont décidé, sans concertation, de laisser un délai supplémentaire, mais ce n’est pas le cas pour l’Institut National de l’Origine et de la Qualité (INAO). » Ce qui débouche sur des retardataires…
Après les soucis de Gamma 2 cet été, la fin d’année reste lourde administrativement dans la filière. « Le jour où une plateforme simplifiera la vie de ses utilisateurs… » soupire un vigneron champenois.




