L’an passé plusieurs vignobles ont de nouveau dû faire face à une forte pression de mildiou. Ce fut le cas notamment dans le Mâconnais , le Beaujolais, le Tarn.
Pour 2026, les conseillers mettent donc l’accent sur la nécessité de démarrer à temps les traitements et de ne pas prendre de risque dans les parcelles les plus sensibles à la maladie.
« Dans nos conditions climatiques, la règle est d’intervenir si les trois conditions suivantes sont réunies, explique ainsi Thierry Massol, conseiller viticole à la chambre d’agriculture du Tarn : dès que les œufs de mildiou sont mûrs, la vigne réceptive (2 à 3 feuilles étalées) et qu’une pluie contaminatrice est annoncée (au moins 5 mm avec une température d’au moins 11 °C).
Dans le Mâconnais, Florent Bidaut, de la chambre d’agriculture de Saône-et-Loire, rappelle que dans sa région, la règle générale est de laisser passer la première contamination et de positionner le premier traitement entre la sortie de tache avérée issue de cette première contamination et la prochaine pluie annoncée dans le but d’éviter les repiquages. Mais ponctuellement, il recommande de traiter plus tôt dans les secteurs à forts risques, sujets à des contaminations assez fortes en saison. « Là, on ne prend pas le risque de laisser passer cette contamination primaire qui peut s’avérer massive et l’on anticipe la protection surtout si la vigne est déjà à un stade avancé avec 4 à 5 feuilles et des inflorescences déjà visibles. »
Autre point de vigilance le renouvellement de la protection. En cas de forte pression, les conseillers rappellent la nécessité de resserrer les cadences de traitement et d’anticiper les renouvellements lorsque des pluies sont annoncées en fin de rémanence. Mais ils insistent également sur l’importance de bien prendre en compte la vitesse de pousse non seulement pour les produits de contacts ou pénétrants mais aussi pour les systémiques.
Suite à la réévaluation de l’Anses l’été dernier, la moitié des cuivres disponibles sont passés à la trappe. En raison du délai d’écoulement des stocks, ils restent utilisables cette campagne. Mais l’an prochain, il faudra faire sans. A cela s’ajoutent de fortes restrictions d’utilisation pour les deux produits que l’Anses a réautorisé : Champ flo et Héliocuivre.
Optimiser les applications de cuivre voire les réduire est donc un enjeu crucial. Viticulteurs et Instituts techniques y travaillent. L’IFV a ainsi repris des travaux sur le lessivage et évalue un capteur de pousse pour mieux raisonner les renouvellements.
De leur côté, les firmes comme Koppert, Corteva... développent de nouvelles solutions de biocontrôle qui permettent de réduire le cuivre, notamment en fin de saison.
Et pour aller plus loin, l’ITAB pilote dans le cadre du Parsada, le projet Parici en bio qui vise à tester des itinéraires sans cuivre.
Cette année, plusieurs nouveaux produits sont lancés sur le marché : du biocontrôle mais aussi quelques produits conventionnels. Mais pas de révolution. En conventionnel, il s’agit de nouvelles associations de matières actives existantes ou de matières actives qui font leur retour. En l’absence de nouvelles matières actives, l’enjeu est donc de préserver les existantes en les alternant et en respectant les préconisations de la note technique vigne qui vient de paraître.
La flavescence dorée continue de progresser dans plusieurs vignobles, notamment en Champagne, Val de Loire… Et quelques ceps isolés contaminés viennent d’être découverts en Alsace.
Pour lutter contre la maladie, il faut donc recourir à tous les leviers possibles : lutte contre les friches, nettoyer les engins lors des travaux en vert (effeuilleuse, rogneuse…) car ils peuvent propager les larves de cicadelles d’une parcelle à l’autre par l’intermédiaire du feuillage resté coincé dans le matériel, réaliser les traitements obligatoires, prospecter les parcelles et arracher les pieds contaminés.
Pour faciliter les prospections très chronophages, l’IA pourrait ouvrir de nouvelles perspectives. En effet le Comité Champagne travaille depuis 5 ans au développement d’un tel outil. Et ses derniers résultats sont prometteurs…
De nouveaux ravageurs menacent le vignoble français. Le scarabée japonais a ainsi débarqué en Alsace à deux pas du vignoble.
L’aleurode épineux du citronnier a été identifié dans le Gard et l’Hérault. Et à Bordeaux, Lionel Delbac, chercheur à l’Inrae de Bordeaux (UMR Save) qui coordonne avec l’Institut Français de la Vigne et du Vin (IFV) le programme OVNI pour ObserVatoire des insectes Nuisibles ou Invasifs du vignoble a très récemment découvert la cicadelle Erasmoneura vulnerata sur un cep de cabernet- sauvignon dans le jardin d’un particulier à Bègles en plein centre-ville
Et d’autres pourraient débarquer comme le fulgore tacheté.
Pour en savoir plus, n’hésitez pas à lire le Hors-série Protection du Vignoble 2026 – Nouvelle Formule que La Vigne vient de faire paraître. Pour le feuilleter c'est ici et le commander c’est là.



