Popillia japonica, le scarabée japonais a débarqué en Alsace. Les 1er et 2 juillet 2025, deux spécimens ont en effet été capturés dans des pièges situés à Mulhouse et à Saint-Hippolyte, dans le Haut-Rhin. « C’est problématique car c’est un organisme de quarantaine prioritaire », insiste Lionel Delbac, de l’Inrae de Bordeaux. Sa surveillance a donc été renforcée. Très polyphage, il se nourrit sur près de 300 plantes et engendre des pertes économiques sur plus d’une centaine d’entre elles. La vigne fait partie de ses plantes hôtes. Selon une note publiée par l’IFV dans le cadre du projet Climed-Fruit, « il cause d’importants dégâts sur la vigne en dévorant les feuilles. Celles-ci ont alors un aspect de dentelle qui entraîne une défoliation et une sous-maturité des raisins ». Les larves, elles, s’attaquent aux racines des jeunes plants. Dans les pépinières et les jeunes plantations, elles peuvent compromettre la reprise des plants.
Fin septembre 2025, Lionel Delbac, a détecté la cicadelle Erasmoneura vulnerata sur un cep de cabernet-sauvignon dans le jardin d’un particulier à Bègles, en plein centre-ville. Cette cicadelle est une espèce invasive originaire de la région des grands lacs aux États-Unis. Elle a été détectée dans le Piémont, au nord de l’Italie, puis elle s’est propagée en Slovénie, Roumanie et Hongrie et dans le Tessin, en Suisse. « C’est une cousine éloignée de la cicadelle des grillures. Mais elle se nourrit différemment. Alors que la cicadelle des grillures pique dans les nervures des feuilles, Erasmoneura pique dans le limbe et vide les cellules. Cela se traduit par de très nombreuses ponctuations blanches sur les feuilles, ce qui réduit la capacité photosynthétique des rameaux primaires et secondaires. En revanche, comme elle pique le limbe, elle n’est pas vectrice de virus ou de phytoplasmes », détaille le chercheur. Selon lui, deux autres cicadelles sont à surveiller : Arboridia kakogawana et Sophonia orientalis. « Elles ont été détectées en Europe centrale, mais pas en France. Elles provoquent les mêmes symptômes que la cicadelle américaine. »
Aleurocanthus spiniferus, ou aleurode épineux du citronnier, est un hémiptère originaire d’Asie du Sud-Est. C’est un organisme de quarantaine soumis à la lutte obligatoire. Il a été détecté pour la première fois en juin 2023 dans le Gard et l’Hérault. Très polyphage, il s’attaque à de nombreux végétaux dont la vigne. Il s’alimente sur les feuilles, ce qui affaiblit la plante. Il produit également du miellat, ce qui engendre le développement de fumagine, un champignon noirâtre empêchant la photosynthèse. « Sur la vigne, le statut de ce ravageur est ambigu. On ne sait pas trop quel est son impact », indique Lionel Delbac.
Aspilanta oinophylla est une mineuse qui creuse des galeries dans les feuilles. Elle nuit à la photosynthèse et à la mise en réserve. « Elle a été détectée en Italie en 2007 et est également présente, dans le Tessin, en Suisse. Sa présence est très localisée. Mais, dans les parcelles touchées, 90 % du feuillage peut être attaqué », explique Lionel Delbac
Originaire de Chine, le fulgore tacheté n’est pas encore présent en Europe. « Mais il va arriver », craint Lionel Delbac. C’est une espèce très polyphage qui pique le feuillage, ce qui affaiblit la plante. En outre, il produit une substance mielleuse qui provoque l’apparition de fumagine. Ce champignon a des conséquences sur la photosynthèse et la qualité des fruits.
En 2024, les observateurs du réseau Ovni que pilote Lionel Delbac ont identifié une nouvelle drosophile dans une parcelle des Landes : Zaprionus tuberculatus. C’est une espèce afrotropicale. Selon l’EPPO (Organisation européenne et méditerranéenne pour la protection des plantes), elle peut s’attaquer à une cinquantaine de fruits tropicaux dès lors qu’ils sont blessés ou tombés au sol. Mais elle n’est pas connue pour s’attaquer au raisin. « Son statut de ravageur des fruits reste incertain », précise Lionel Delbac. L’expert indique qu’une autre drosophile, Zaprionus indianus, est également sous surveillance : « Elle est plus problématique sur les fruits (cultures fruitières ou viticulture) où elle peut s’associer à d’autres drosophiles, dont Drosophila suzukii. Mais, pour le moment, nous ne l’avons pas détecté dans notre réseau. »
Xylella fastidiosa est une bactérie du xylème classée comme organisme de quarantaine prioritaire en raison de sa dangerosité. Elle empêche la plante de s’alimenter en gênant les mouvements de la sève brute. Elle est transmise et véhiculée par des insectes vecteurs. La sous-espèce fastidiosa est responsable de la maladie de Pierce. Xylella fastidiosa fait l’objet d’un plan national de surveillance biologique du territoire très poussé.


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